LE BLOG DE GAVROCHE

Pourquoi cette page …

avec 3 commentaires

Beaucoup de choses à dire, d’humanité à défendre, des réactions à l’actu, des coups de gueule, des infos …

Sur le Lot, bien sûr, mais aussi sur le monde…

“Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est,pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des  droits et le plus indispensable des devoirs.”

Voilà l’objet de ce blog…

Rédigé par Gavroche

4 novembre 2008 à 12:02

Publié dans Inclassables

Les rats à capuche

laisser un commentaire »

Depuis quelques mois, les « peuples » arabes sont descendus dans la rue pour virer les dictateurs. Pas les partis politiques, inexistants car interdits, mais les gens. Les hommes et les femmes (eh oui, voilées, peut-être, révoltées, c’est sûr) les jeunes et les vieux. Pas organisés, pas « encadrés », juste motivés par un même ras-le-bol. Les organisations politiques ont pris clairement le train en marche. Ces révoltes étaient spontanées. Elles venaient de la rue.

Curieusement, après avoir flirté sans vergogne avec ces mêmes dictateurs pendant des décennies, même les plus droitistes de nos politiques ont salué leur renversement. Ils ont porté aux nues les « révolutionnaires», qui sont allés jusqu’à payer de leur vie pour accéder à la « démocratie ». BHL et Sarkozy en révolutionnaires, ça valait son pesant de cacahuètes.

Les occidentaux sont même allés jusqu’à envoyer leurs armées en Libye, dans une opération militaire joliment appelée « Aube de l’Odyssée ». Avec l’assentiment de tous les politiques, de gauche comme de droite. Faut dire que l’ONU avait donné sa permission (du bout des lèvres, mais quand même) avec la résolution 1973, qui reprochait à la Libye « détentions arbitraires, disparitions forcées, tortures et exécutions sommaires », toutes choses qui n’existent naturellement ni à Guantánamo, ni en Tchétchénie, ni en Chine… Ni en Israël. Ni en Syrie, ni au Yémen, ni à Bahreïn, ni en Corée du Nord.

De la « zone d’exclusion aérienne » prévue par cette résolution, on en est aujourd’hui clairement aux bombardements de « zones ciblées », choisies par l’OTAN. Les « rebelles » n’ont pas gagné tout seuls, mais avec l’aide aérienne de l’Occident.

Et sans même que nos militaires aient à se salir les mains.

Ben oui, la guerre, c’est moche. Ce qui n’a pas empêché les opposants à l’intervention militaire d’être qualifiés de « pacifistes échevelés », et soupçonnés de sombres accointances avec le FN.

L’important, n’est-ce-pas, c’est que Khadafi soit parti. Tant pis pour les « dommages collatéraux ». On verra bien la suite…

Bref, gauche et droite réunies ont approuvé « le réveil des peuples arabes ». Comme si par chez nous, il n’était pas grand temps de se réveiller aussi…

Lire la suite »

Rédigé par Gavroche

4 septembre 2011 à 9:49

Le marché … de la misère…

laisser un commentaire »

On n’entend plus que ça ces derniers jours… Nos gouvernants sont en train de “rassurer les marchés”, en donnant de jolis tours de vis à tous les acquis sociaux… Partout en Europe, à commencer par la Grèce, l’Irlande, l’Espagne, le Portugal, et maintenant chez nous, avec le fameux plan de rigueur qui n’en est pas un, mais quand même…Il faut sauver l’Europe, paraît-il, enfin… il faut (encore) sauver les banques…

Des millions de milliards pour sauver les banquiers, 750 milliards pour une Europe libérale qui ne profite à personne …

Et au final, ce sont toujours les mêmes qui vont payer la facture…

D’un côté, on a ça  :

Toujours plus gras, toujours plus riches

Et pour beaucoup d’autres, bien plus nombreux, il y a ça…

Le marché de la misère aux portes de Paris

Le marché de la misère à Montreuil

C’est moche. C’est sale. Les pauvres, ça fait tâche, et ça pue…

« Ça fait fuir la clientèle » disent  les commerçants.   C’est le marché de la misère porte de Montreuil.  Le phénomène a pris cette année une ampleur sans précédent, avec trois mille stands entre l’avenue de la porte de Montreuil et le périphérique. Sur des tapis ou des cartons, les plus fortunés vendent de la contrefaçon. Les autres, tout et n’importe quoi. Chaussures, vêtements, téléphones portables et même du dentifrice. Autant d’objets souvent «tombés du camion» ou trouvés dans des poubelles.

Alors, lundi dernier, les riverains et les associations de commerçants ont manifesté, aux côtés de la maire du XXe arrondissement (socialiste, si, si !) pour protester contre la présence des vendeurs à la sauvette aux alentours du site. La manifestation a rassemblé environ 300 personnes, entourées par un important dispositif policier…

La maire socialiste (j’y tiens) a donc lancé un « cri d’alarme » concernant le marché de la misère en pleine expansion de la porte de Montreuil. « Il y a de la contrebande de cigarette, du trafic de drogue, du recel de vol. Tous les trottoirs sont occupés, les riverains ne peuvent plus rentrer chez eux dans des conditions normales ».

Les commerçants râlent, évidemment, car disent-ils : «A la sauvette, tout est moins cher»… Ben oui, et c’est sûrement pour ça que les vendeurs à la sauvette ont des clients…

« Quand ils partent, c’est dégueulasse », tempête une riveraine. « Ils squattent les halls d’immeuble, font leurs besoins n’importent où, c’est franchement insalubre »

Commerçants et riverains jurent qu’ils finiront par «se faire justice eux-mêmes», et que «Ça va se terminer à coups de batte»…

Le préfet de police, pourtant, est fier du “travail” effectué par ses services : « L’an dernier ce ne sont pas moins de 10.000 procès verbaux pour vente sur la voix publique sans autorisation ont été dressés. Depuis le début de l’année, 2.730 contraventions l’ont été à nouveau ».

Voilà le travail :

Il écrase rageusement avec ses bottes une vieille cassette, une montre en toc, un casque stéréo hors d’âge, autant de dérisoires marchandises… Sans se gêner, le jeune flic foule les couvertures élimées où sont posés quelques pauvres objets. Autour de lui, les miséreux affolés – de vieux messieurs rebeus ou noirs, des Chinois ou des jeunes Roumains – ramassent leurs affaires en murmurant “Enfoiré !” Ambiance.

Nous sommes à Belleville, dans l’un de ces “marchés de la misère” qui pullulent depuis quelque temps dans les quartiers populaires de la capitale, porte de Saint- Ouen ou de Montreuil. Des pauvres vendent à même le trottoir, à une foule aussi démunie qu’eux, les objets les plus hétéroclites : un téléphone, une unique chaussure, un jouet cassé, un paquet de piles… Un bric-à-brac ahurissant qui aurait un charme surréaliste s’il ne cachait une dure misère. Hassan, tunisien de 55 ans : “M’sieur, j’te jure, j’me fais 5 euros par jour, et encore… J’étais peintre en bâtiment… J’ai une chambre à l’hôtel avec un ami… Le RMI, c’est 450 euros, ma chambre, elle, coûte 350, il me reste 100 par mois…”

Ali, comorien, 60 ans : “Le RMI, j’y ai plus droit. La CAF, ils disent que je dois attendre. Je sais plus pourquoi… Alors je vends. Mais la police, elle met des amendes. 172 euros ! La dernière, j’ai mis plus d’un an à la payer. Un an, mon ami. Je donnais 10 euros par mois…” Le phénomène va grandissant, à tel point que la mairie du XVIIIe a ouvert sous le périph porte Montmartre un “carré des biffins” pour cette population en détresse qu’elle tente de réinsérer.

“Ce sont des gens coupés de toute institution. Ils n’ont plus de comptes bancaires, plus accès au RSA, aux agences d’intérim… Ils survivent en marge de la société. Comme dans les pays du Sud.”

Pourtant, il n’y a pas que la misère sur ces marchés. On sent la vie qui se défend. “C’est vrai, ces marchés servent aussi à créer un lien social parallèle. Ils jouent un rôle de sociabilité de rue. On s’y sent un tout petit peu plus protégé contre les accidents, la solitude, le froid… On a tendance à voir les pauvres comme des victimes passives. C’est faux. Il faut être extrêmement actif !”

Mais allez expliquer ça au policier qui piétine leurs minuscules richesses…

Article de Patrick Williams, dans les Inrocks

Mais le marché de la misère, c’est ça…

Et qui sont les clients ? Les plus pauvres d’entre les pauvres … Hommes et femmes, ils ont souvent autour de la soixantaine, et leur porte-monnaie est quasi vide … Bref, tous ceux qui sont «dans la dèche» et qui font leur marché, pour cause de retraite trop maigre, de dépenses de santé toujours plus chères… Ici, rien ne se perd, tout se récupère et se vend. Ce ne sont plus des vide-greniers mais des vide-frigo.

Cinquante centimes les quatre yaourts, une affaire.  Du saumon fumé, des saucisses, des fromages, du pain de mie, des poireaux, des oranges et des jus de fruits, récupérés dans les poubelles du Monoprix voisin.

Le marché des pauvres … Mères célibataires, smicards, retraités, handicapés, étrangers, sans-papiers… Et ce qui “marche” le mieux, c’est la nourriture…

Dessin de Nagy

Le plus moche, c’est certains commentaires qu’on trouve sur les forums à ce sujet :

…lorsqu’un cas de tuberculose apparaît dans le quartier à cause de la insalubrité (sic) galopante, c’est qu’il y a urgence à faire le ménage. La pauvreté n’excuse pas tout, ne vous en déplaise…

…“Qu’on leur trouve du boulot..” dites vous ?
Parce que mon métier “on” me l’a trouvé peut être ? Arrêtons cette démagogie à deux sous, surtout venant de la part de personnes qui ne vivent pas a 100mètres de ces chiffoniers, sales et répugnants. Parlant à peine notre langue.
Européens certes, mais pas Francais !…

Aujourd’hui, la misère dérange, mais pas l’arrogance des puissants…

Bientôt, ce sera peut-être notre tour d’aller faire les poubelles juste pour manger.


Rédigé par Gavroche

14 mai 2010 à 3:40

L’extrême-droite et les préfets, même combat … ou les nouvelles valeurs de la République

laisser un commentaire »

Je vous en parlais avec le film de Rachid Bouchareb, “Hors la Loi”…

En Sarkozye, la censure revient au galop, elle a toujours des serviteurs zélés, comme aux pires heures de notre histoire.

Le mur des expulsés

Deux mains qui s’entrelacent, et puis les mots « liberté », « égalité », « fraternité », « solidarité », mais aussi « citoyen », « engagement », « terre d’accueil », « justice ». Cette fresque a été inaugurée le 5 septembre dernier, dans la ville de Billère, dans les Pyrénées-Atlantiques.

Le maire socialiste, Jean-Yves Lalanne, avait décidé de faire réaliser cette peinture sur un mur municipal, en hommage aux familles de sans-papiers expulsés du territoire français.  Elle a été réalisée sur un mur voué à être démoli dans quelques années. Une œuvre éphémère donc, mais d’une grande portée symbolique, puisqu’un commissariat de la police aux frontières est installé sur la commune.

Le maire souhaitait ainsi rendre hommage aux familles de sans papiers expulsées l’an dernier dans les Pyrénées Atlantiques, dont neuf enfants…

Évidemment, l’œuvre n’a pas été du goût de tous.  Pendant l’inauguration,  le collectif d’extrême-droite “Bloc identitaire” avait déjà joué les trouble-fête, le mur avait été ensuite souillé avec des croix celtiques, des 88 (la signature des nostalgiques d’Adolf Hitler…), et autres élégantes maximes, style “immigrés dehors”… Les élus avaient également été menacés de mort…

Comme ces nostalgiques de la vraie France bien blanche, le préfet du département, Philippe Rey, n’a pas apprécié lui non plus … Il a porté cette importante “affaire” devant la justice, car il reprochant au maire de Billère “d’être sorti de son devoir de neutralité vis-à-vis de la politique gouvernementale”…

Pour lui, il était intolérable qu’on ait osé  inscrire des mots aussi subversifs que « liberté », « égalité », « fraternité », « solidarité », « justice », « entraide », « engagement », « enfants », « papiers  » mais aussi quelques mots vraiment inadmissibles dans un régime républicain, comme « terre d’accueil », « métisse », « dénoncer », « citoyen ».

C’est sûr, que par rapport aux propos racistes prononcés dans des salles publiques lors du débat sur l’identité nationale, ces mots là relèvent de l’atteinte à l’honneur de la République.

Bon, en clair, le préfet ne supportait pas que soit affiché le sort fait aux sans-papiers. Il avait déjà poursuivi pour outrage des citoyens qui dénonçaient les rafles de sans-papiers, ce bon préfet  n’aime pas qu’on lui rappelle Vichy. Et pourtant, les graffitis racistes qui  sont venus polluer cette fresque rappelaient tristement cette période.

Le préfet applique la LOI, et pis c'est tout...

Et le plus beau, c’est que le tribunal administratif de Pau lui a donné raison, à notre bon préfet, le 12 janvier dernier, et a ordonné au maire d’effacer ces mots qu’on ne voit plus guère en France “Liberté, égalité, fraternité, justice…” Tout cela à la suite d’une audience, ou ni le maire, ni l’avocat, ni même les artistes auteurs de la fresque n’avaient été convoqués…

Et comme par hasard, alors qu’on se plaint généralement des “lenteurs de la justice”, là, l’affaire a été rondement menée… La justice est indépendante, il paraît… mais c’était il y a longtemps. Et d’ailleurs, la justice est “neutre”, elle, dans le palais de Justice de Pau, il y a un vitrail représentant le Christ…Et, là, curieusement, ça ne gêne personne. Vous avez dit laïcité ???

Le maire avait bien l’intention de faire appel, et même de saisir la Cour Européenne des Droits de l’Homme. Quant à Réseau Education Sans Frontières, il attendait impatiemment que le préfet passe à l’acte, et efface les mots liberté, égalité, fraternité…

Il n’a pas eu besoin de se salir les mains, les activistes d’extrême-droite l’ont fait à sa place, au matin du 8 mai dernier, ils ont recouvert et dégradé la « fresque de la solidarité contre les expulsions », et ont signé leur forfait en écrivant « C’est fait M. Le Préfet ».  Le choix de la date n’est évidemment pas neutre. Elle est une insulte aux anciens combattants, aux résistants et à la lutte contre le fascisme.

“Provocation des nostalgiques des dictatures fascistes et du régime de Vichy. Le jour où nous cultivons nos valeurs, eux véhiculent la nostalgie de l’État français de Vichy. Les nazis brûlaient les livres, les ultranationalistes et les racistes effacent les fresques”, a déclaré Jean-Yves Lalanne…

Certes, le maire socialiste  de Billère est un dangereux terroriste, il aurait dû faire comme son collègue de Gonneville-sur-Mer, charmante commune du Calvados qui refuse de retirer du mur de la salle de la mairie, où se réunit le conseil municipal, et où se font les mariages, le portrait du Maréchal Pétain… Chacun sa fresque, quoi.

Plus français que lui...

De toutes façons, les crânes rasés nostalgiques du nazisme ne risquent rien… Dans l’après-midi du 8 mai, le site Internet Novopress, créé par Fabrice Robert, président du Bloc identitaire, donnait l’information avec ce titre : « à Billère, des identitaires du Béarn ont repeint le mur des expulsés ! » Elle est aujourd’hui accompagnée d’une vidéo où les activistes agissent au vu et au su de tout le monde.

Ils ressemblaient à ça...

Combien vous pariez qu’ils ne seront jamais poursuivis ?

Rédigé par Gavroche

13 mai 2010 à 3:18

Hors la loi … le nouveau film de Rachid BOUCHAREB, ou quand le pouvoir veut écrire l’histoire

laisser un commentaire »

Le Festival de Cannes a débuté

Le nouveau film de Rachid BOUCHAREB, “Hors la Loi” , y sera projeté le 21 mai prochain.

Et avant même d’avoir pu voir ce film,  le député UMP des Alpes-Maritimes,  Lionnel Luca, l’a qualifié de “révisionniste”, et d”anti-français”… Rien que ça.  Quant au président de la Maison des rapatriés à Cannes, il va même encore plus loin, il demande  l’interdiction pure et simple du film,  et « l’occupation des marches du Palais ».

L’automne dernier, Lionnel Luca avait même saisi  le secrétaire d’Etat à la défense.  Dans une lettre du 7 décembre, il dénonçait le concours financier apporté par le Centre national du cinéma à ce film qu’il n’avait donc toujours pas vu : “On peut s’interroger sur cette volonté d’encourager une repentance permanente que le président de la République a plusieurs fois condamnée.”

Et il a déclaré le 23 avril dernier : “Le service historique du ministère de la Défense a confirmé que de nombreux faits sont erronés et réinterprétés. Ce que je voulais avant tout, c’est que le film ne soit pas dans la sélection officielle française. Le projet me dérange. Il ne représente pas la France mais l’Algérie, cela me convient.”

Bref, il veut bien financer des films, ce bon gars, mais seulement ceux qui sont  “historiquement corrects”.

Nos militaires ont donc  “confirmé un certain nombre d’erreurs et d’anachronismes . “… Et ont rajouté, sans rire :  “il semble difficile que les pouvoirs publics puissent soutenir un film qui livre de notre histoire une version aussi peu crédible.”

Le plus beau de toute cette histoire,  c’est que des pressions ont donc été exercées sur les chaînes de France Télévision, pour ne pas coproduire le film, et sur les responsables de la sélection officielle du Festival de Cannes pour qu’il ne soit pas sélectionné…  La présidence de la République et le secrétariat d’Etat à la défense et aux anciens combattants ont même demandé à voir le film avant sa présentation officielle à Cannes.

Des groupuscules d’extrême-droite appellent aussi à perturber le Festival … Comme le président du groupe parlementaire sur les rapatriés, qui n’admet pas  “qu’on utilise de l’argent public pour insulter la République”

Des manifestations hostiles sont prévues, et une cérémonie en mémoire de « toutes les victimes de la guerre d’Algérie » doit être organisée à Cannes le 21 mai, jour de la projection du film. Le sous-préfet Claude Serra déclare qu’il sera présent pour cette cérémonie, devant le monument aux morts. Par ailleurs, un collectif proche de l’extrême droite appelle sur un site Internet à manifester à Cannes pour « pourrir » le Festival, en protestation contre la sélection de ce film.

C’est curieux, quand même … En principe, le travail d’un réalisateur n’est pas celui d’un historien, et ne devrait pas être “jugé” par l’Etat.  Et personne n’a demandé à Coppola de raconter  la guerre du Vietnam dans Apocalypse Now avec une précision “historique”. Tout cela est révélateur :  les nostalgiques de la colonisation, “anciens d’Algérie” et autres joyeux drilles, continuent de vouloir empêcher la liberté de création…

Pourquoi ? tout simplement,  parce que dans Hors la Loi, Rachid BOUCHAREB raconte , entre autres, le massacre de Sétif , commis par l’armée française,  le jour même de la signature de l’armistice, le 8 mai 1945.

L’histoire :

Les massacres de Sétif 8 mai 1945

À Sétif, Guelma et Kherrata, dans la région de Constantine, un défilé de joie célébrant la victoire sur le nazisme vire au drame.

À la suite de l’interdiction faite aux indépendantistes algériens présents dans le cortège, d’arborer pancartes et calicots pour exprimer leurs revendications, s’ensuit un engrenage de violences . Certaines sont commises à l’encontre des populations européennes, parmi lesquelles on recensera 102 victimes.

Mais des représailles sont alors conduites contre les populations civiles algériennes,  les autorités françaises de l’époque fixèrent le nombre de tués à 1 165, mais un rapport des services secrets américains à Alger en 1945 notait 17 000 morts et 20 000 blessés, et  selon les historiens le nombre de morts serait de 45 000…

Voici le récit de ce massacre :

C’est le chef du gouvernement français provisoire, le général de Gaulle, qui ordonne l’intervention de l’armée , qui mène une violente répression contre la population indigène. La marine y participe grâce à son artillerie, ainsi que l’aviation.

La répression, menée par l’armée et la milice de Guelma, est d’une incroyable violence : exécutions sommaires, massacres de civils, bombardements de mechtas. Plus de 800 coups de canon sont tirés par les croiseurs français sur la région de Sétif.  L’aviation bombarde et rase plus ou moins complètement plusieurs agglomérations kabyles. Une cinquantaine de villages sont incendiés. Les automitrailleuses font leur apparition dans les villages et elles tirent à distance sur les populations. Les blindés sont relayés par les militaires arrivés en convois sur les lieux.

Comme la milice qui se forme à Guelma sous l’impulsion du sous-préfet André Achiary qui distribue toutes les armes disponibles, et se livre à une véritable chasse aux émeutiers. Pendant deux mois, l’Est de l’Algérie connaît un déchaînement de folie meurtrière.

De nombreux corps ne peuvent être enterrés ; ils sont jetés dans les puits, les miliciens utilisent les fours à chaux pour faire disparaître des cadavres.

De nombreux musulmans, dirigeants politiques et militants furent arrêtés. Quatre mille cinq cent arrestations furent ainsi effectuées, quatre vingt dix neuf condamnations à mort, soixante quatre condamnations aux travaux forcés.

La répression prend fin officiellement le 22 mai 1945.  L’armée organise des cérémonies de soumission où tous les hommes doivent se prosterner devant le drapeau français et répéter en chœur : « Nous sommes des chiens et Ferhat Abbas est un chien ». L’historien algérien Boucif Mekhaled, raconte : « [À Kef-El-Boumba], j’ai vu des Français faire descendre d’un camion cinq personnes les mains ligotées, les mettre sur la route, les arroser d’essence avant de les brûler vivants »

Source : Wikipedia

L'armée française au travail

Heureusement, nous sommes encore un peu en démocratie, et des voix se sont malgré tout élevé contre cette tentative de censure.

* Ainsi, la Ligue des droits de l’homme a dénoncé des « pressions » exercées par des responsables politiques à l’encontre du film Hors-la-loi.

* Selon Daniel Goldberg, député PS de Seine Saint Denis, la France tente de réécrire “l’histoire officielle”, 65 ans après les faits. Elle n’a toujours pas reconnu sa responsabilité dans le massacre de Sétif.

* L’Observatoire de la liberté de création s’étonne de toutes ces déclarations, émanant de personnes qui n’ont pas vu le film, et proteste contre ces pressions de responsables politiques qui cherchent à faire obstacle à la liberté du réalisateur de donner sa version de la guerre d’Algérie, et veulent empêcher le public d’avoir accès à ce film de fiction. Il n’appartient pas à l’Etat et à ses services de décréter ce que serait une « véritable » histoire. Lorsque le film sera diffusé, le débat critique pourra alors avoir lieu sereinement.

* La Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques soutient le cinéaste et crée, pour l’occasion, un nouveau prix, “le prix Bêtise avec un grand C”, décerné à l’unanimité selon l’expression consacrée, au député censeur.

En voici le texte :

“Les auteurs réunis au sein du conseil d’administration de la SACD ont décidé de créer un nouveau prix, qui sera décerné à une personnalité publique chaque fois que cela leur semblera nécessaire, le prix “Bêtise avec un grand C”, selon l’expression de Jacques Prévert. Ce prix vise à honorer ceux qui, en toute méconnaissance de cause, prendront dorénavant l’initiative de tenter de limiter la liberté d’expression en s’attaquant publiquement à des œuvres sans les avoir lues ou vues. A l’unanimité, ce prix a été décerné, pour la première fois, au député des Alpes Maritimes, Monsieur Lionnel Luca. En effet, dans un grand élan de respect et de tolérance, Monsieur Luca a dénoncé le film Hors la loi de Rachid Bouchareb, écrit par Olivier Lorelle et Rachid Bouchareb, qui sera présenté en compétition au Festival de Cannes, estimant que ce film qu’il n’a pas vu est “manichéen” et qu’il s’agit “d’une falsification historique”. Il s’est ainsi positionné, à la suite de quelques autres ces derniers temps, dans la grande tradition démocratique du “je ne l’ai pas lu, je ne l’ai pas vu, mais j’en ai entendu causer donc j’en exige l’interdiction”. Les auteurs de la SACD félicitent chaleureusement Monsieur Lionnel Luca pour ce prix amplement mérité. Pour accompagner ce prix, un livre ou un film de son choix sera à sa disposition le jour où il choisira d’en prendre connaissance avant d’émettre un avis à son sujet”.
C’est vrai qu’à l’UMP, on manie facilement les ciseaux…

Merci à Charb

Le festival de Cannes confirme naturellement le choix du film dans la catégorie Sélection officielle, qu’il soit scandaleux ou pas.

Rachid Bouchareb a déjà été récompensé à Cannes pour “Indigènes” en 2006.

“Hors la Loi” sortira en salles le 22 septembre prochain.

Rédigé par Gavroche

13 mai 2010 à 9:43

Encore la burqa …!

avec un commentaire

On n’a pas fini de gloser sur la burqa…  Bref, un enfumage de plus !

Malgré les recommandations du Conseil Constitutionnel,  notre mètre à tous, agitant ses petits bras vengeurs, a décidé que la burqa, c’était pas tolérable dans une République LAIQUE…

Et avec l’accord de tous les prétendus défenseurs, dans l’ordre, de la laïcité, des femmes, et de notre “identité nationale”…

Les biens pensants de droite d’abord,  pourtant réputés proches des églises, mais chrétiennes, et seulement chrétiennes. Qu’on se rappelle les discours de Sarkozy :

Le 20 décembre 2007,  il se rend au Vatican, et déclare : « Les racines de la France sont essentiellement chrétiennes ». Avant d’ajouter : « Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur. »

A l’époque, ces déclarations avaient fait peu de vagues. Les journalistes présents  s’étaient plutôt attardés sur la présence de la mère de Carla Bruni dans l’assistance… C’était sans doute plus vendeur …

Et Sarko a récidivé sur la religion, lors d’un voyage en Arabie Saoudite :

« Je ne connais pas de pays dont l’héritage, dont la culture, dont la civilisation n’ait pas de racines religieuses », avait-il dit. Tout en louant Dieu « qui n’asservit pas l’homme mais le libère », Dieu « qui est le rempart contre l’orgueil démesuré et la folie des hommes », Dieu, « source d’espérance et de progrès ». Un discours prononcé dans un pays où l’islam n’est pas franchement modéré… Et où les femmes portent le voile.

Pas grave, le plus important, c’est que les saoudiens ont du pétrole.

Mais les bien pensants de gauche s’y sont mis aussi, puisqu’en juin 2009, c’est le député communiste André Gérin qui a proposé la création d’une commission parlementaire sur le port de la burqa et s’est dit favorable à une loi l’interdisant.

Bref, 577 députés ont glosé pendant des mois, sur 367 femmes qui portent la burqa en France (chiffres aimablement fournis par les RG) c’est à dire :  la tenue traditionnelle des femmes pashtounes, au cœur de l’Afghanistan : une longue et ample tunique bleue, surmontée d’un genre de panier dont le grillage couvre le visage, le laissant à l’abri des regards.

Rien à voir avec le niqab, qui est le voile noir porté par les femmes saoudiennes ou qataries. Ni surtout avec le foulard, qui ne couvre que les cheveux.

C’est vrai que légiférer là-dessus était effectivement urgent, quand on sait que dans les banlieues “difficiles”, 70 % des familles vivent sous le seuil de pauvreté.

Comme disait Serge Halimi dans le Diplo,  burqa bla bla !

Pendant ce temps, on oublie les mesures d’austérité…

La Suisse, elle, a trouvé la solution, on interdit les minarets et les burqas, mais attention pas pour tout le monde, car business is business

Rédigé par Gavroche

11 mai 2010 à 4:20

Publié dans Actu et politique, Société

Tag(s) associé(s): ,

Les fonctionnaires zélés de la République font la chasse aux enfants…

avec un commentaire

Lettre ouverte aux fonctionnaires zélés de la République

Chouchou à 8 mois, été 2009

Aujourd’hui, dans ce qui fut il y a des années le pays de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, des hommes, des femmes et des enfants sont renvoyés sans remords dans des pays en guerre (Afghanistan), dans des pays sinistrés (Haïti), dans des pays où la corruption maintient les êtres humains dans la misère…

Aujourd’hui, l’argent circule, il n’est pas le responsable de la crise, il n’est pas un « problème »… Ce sont les êtres humains qui sont devenus des « problèmes ».

Ce ne sont plus des hommes, des femmes et des enfants, de chair et de sang, avec des joies et des peines… « Ces gens là » sont subitement devenus des « chiffres », de simples « auvergnats », trop nombreux, trop pauvres, qu’on peut remettre dans leurs bateaux… Ils ne sont pas français de souche, qu’ils crèvent donc ! aux frontières de l’Europe forteresse où la pauvreté est toujours plus grande.

On oublie que :

- Nicolas Sarkozy, Patrick Balkany sont d’origine hongroise ;

- Nathalie Kosciusko-Morizet, des pays de l’est, tout comme la famille Poniatowski ;

- Nadine Morano, Michel Colucci, François Cavanna, Serge Reggiani, Ivo Livi, dit Yves Montand, des ritals…

- Smaïn, Nagui, Djamel Debbouze, Rachida Dati sont des maghrébins…

- Patrick Devedjian, Robert Guediguian, Charles Aznavour sont d’origine arménienne…

Sans oublier Missak Manouchian, mort pour la France à 38 ans.

L'affiche rouge

Je voudrais vous raconter une histoire d’aujourd’hui : celle d’une famille arménienne, justement. Un père, une mère et deux petites filles de 14 mois et trois semaines.

Ils sont chrétiens. Donc, pas de danger qu’ils se transforment en dangereux intégristes porteurs de burqa, et poseurs de bombe.

Le papa a une promesse d’embauche en CDI, depuis déjà plus d’un an. Il a un métier, chauffeur routier. La maman n’est pas en reste, elle a fait des études universitaires, elle parle l’arménien, le russe, l’anglais, et maintenant le français. Elle voudrait bien être interprète.

Et c’est bête, « ces gens là » veulent « s’intégrer », vivre et travailler en France, donner une chance à leurs deux petites filles. Parce que là-bas, en Arménie, ils ne seront pas en sécurité. Le père ira directement en prison, et dans le meilleur des cas, il ne pourra plus jamais travailler, et faire vivre sa famille.

Mais Éric Besson et ses fonctionnaires veillent. Pour eux, après avoir regardé leurs petites fiches, tout va bien en Arménie, comme en Afghanistan, en Haïti, en République du Congo, en Somalie… Tout va bien. Sans doute ne lisent-ils pas les journaux.

Qu’ils se débrouillent, tous ces pauvres, « la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde », enfin, sauf Najlae Lhimer, bien sûr. Mais c’était pour fêter le 8 mars, hein, la journée de la femme, et surtout, c’était juste avant les élections. Les bons sentiments, ça sert toujours pour être élu. Le fait du prince.

Alors cette petite famille va de maison en maison, de charité en charité, toujours en secret, toujours clandestine, depuis plus d’un an. Depuis le jour où on les a trouvés, sans rien, dans la gare de Marmande, posés par terre sur des cartons. Avec un bébé dans les bras.

Et tout cela va continuer.

Bernard SCHMETLTZ, le nouveau Préfet du Lot-et-Garonne, et Emmanuel POUJADE, le responsable du service des étrangers, ont reçu les associations à la fin du mois de mars. Il est gentil, le Préfet. C’est un grand humaniste. Il a même reconnu que les associations avaient un grand rôle à jouer pour la démocratie … Généreux, il les a reçus, il a parlé, il a dialogué, tout ça pour mieux les envoyer promener à l’arrivée…

Et le discours est toujours le même : il est obligé, contraint et forcé d’appliquer la Loi… Il faut bien assurer sa carrière, il faut bien assurer une belle vie à sa famille et à ses quatre enfants.

Pourquoi ferait-il un geste, d’ailleurs ?

La réponse est tombée au début du mois : qu’ils retournent d’où ils viennent. Comme Pilate, le Préfet s’en lave les mains. Les enfants ? Ce ne sont pas les siens. Bernard Schmeltz, en bon fonctionnaire obéissant, applique les consignes.

Je ne sais pas pour vous, mais moi, cette France-là, je ne l’aime pas. Ce n’est pas ma France.

Sarkozy me dirait « Si tu n’aimes pas la France, tu la quittes »… Sauf que moi, je suis française. Il oublie qu’il n’est là que pour peu de temps. Qu’on lui a juste prêté le palais de l’Elysée. Bientôt, il partira. Il emportera avec lui, j’espère, ses ministres et ses lois.

Et moi, je resterai. Et je demanderai des comptes.

Et voici en résumé, ce que répond M. Schmeltz à la demande de cette famille :

1/ L’office des réfugiés (OFPRA) et la Cour Nationale du droit d’Asile (CNDA) ont refusé l’asile politique à la famille G.

Le motif du refus : il fait bon vivre en Arménie et la famille G. ne risque rien à y retourner. Point barre. Ignorant totalement ce qui se passe réellement en Arménie aujourd’hui, où les opposants sont toujours embastillés, même si le président arménien dit évidemment le contraire à nos diplomates occidentaux. Il faut bien faire des affaires, les droits de l’homme on s’en tape.

Voici le résultat du Congrès de la Fédération Internationale des droits de l’homme, en date du 6 avril 2010

Pas grave, me direz-vous, la France commerce aussi joyeusement avec d’autres « démocraties », comme la Russie (ben oui, mais y a le gaz…) ou la Lybie (ben oui, mais y a le pétrole), entre autres. On commerçait avant avec Saddam Hussein, malgré le massacre des opposants (ben oui, mais y avait aussi le pétrole), et on fait de juteuses affaires avec la Birmanie (Total, 14 milliards de bénéfices en 2008…)

Bref, ce bon Préfet « ne peut pas aller contre la chose jugée »… C’est pratique…

2/ La mesure « d’admission exceptionnelle » : elle se base sur des considérations « humanitaires » (ce mot fait rire dans la bouche d’un préfet de Sarkozie), mais à condition qu’il y ait des « motifs exceptionnels ».

Et là, ça coince :

  • Ces feignants d’arméniens n’ont pas fait d’efforts pour acquérir la maîtrise de la langue française quand ils étaient au Centre d’Accueil des Demandeurs d’Asile. C’est très pratique d’apprendre le français, quand on est parqué dans un centre avec des tchétchènes, des somaliens ou d’autres, mais pas beaucoup de québécois, ni de belges pour parler français. Je me demande ce que M. Schmeltz aurait fait à leur place, avec ses quatre gamins. Avec un cours de français par semaine, avec des profs pas formés et débordés…
  • Donc, avant de quitter l’Arménie en catastrophe, ils auraient dû apprendre le français.

    Anticiper un peu !

  • En plus, M. G. ne savait pas que son permis de conduire n’était pas valable en France. Personne n’avait pris la peine de le lui dire, c’est bête, hein ? Et pour travailler dans un garage à laver les voitures, un permis poids lourds est indispensable en France, c’est bien connu. Même quand on est en CDI.
  • Dernier élément pour justifier le refus : aucune famille en France… Tous restés là-bas, au mieux dans la misère, au pire en prison. Les arméniens venus en France en 1915 n’ont heureusement pas eu affaire à M. Schmeltz. Eux non plus n’avaient pas de famille en France.

La plus belle partie de la lettre, c’est la définition de la mesure humanitaire que donne M. Schmeltz : « une mesure qui intervient pour sauver des vies humaines, dans une situation d’urgence »… Il faut dire que dans un pays qui renvoie des afghans dans un pays en guerre, cette définition prend tout son sens.

Alors si vous aussi, cette France là vous débecte, si vous voulez apporter votre soutien à Chouchou, à Lianna et à sa famille, vous pouvez toujours :

Signer la pétition de soutien sur le site du Réseau Education Sans Frontières

Et participer à la manifestation qui se tiendra le 5 mai prochain, à 18 heures, Place de la Préfecture à Agen, Lot et Garonne.

Chouchou aujourd'hui

Pour terminer, des liens sur cette triste histoire de la France de Sarkozy…

Le Lot en action

La Dépêche du Midi

Merci à Jiho et à Siné Hebdo

Rédigé par Gavroche

20 avril 2010 à 4:07

Publié dans Sans Papiers, Société

Tag(s) associé(s): , , , , ,

Abolir la chasse !

laisser un commentaire »

Contrairement à ce que disent les chasseurs, le « droit de chasse » n’est pas une « conquête de 89 ». Ce qui a été aboli la nuit du 4 août 1789, c’est le privilège exclusif de la chasse, exercé dans les capitaineries royales et les réserves.

La législation de la chasse date de mars 1844, c’est-à-dire de la monarchie de juillet, et non de la république. Quant aux fédérations de chasse, elles ont été créées par une ordonnance du 28 juin 1941, c’est-à-dire du gouvernement de Vichy, qui souhaitait remplacer les associations et les syndicats par des corporations.

Le droit de la chasse est aujourd’hui principalement dérogatoire, ce qui veut dire qu’il échappe toujours aux lois de la République (« nuisibles », périodes complémentaires), de même qu’au droit communautaire européen (directives « Oiseaux », loi Verdeille, etc.). Il s’agit donc d’une législation foncièrement anti-démocratique, qui méconnaît aussi bien les droits des non chasseurs (98,8 % de la population) que les nécessités de la protection des espèces (oiseaux migrateurs, grands prédateurs). Le fait que les chasseurs contrôlent la garderie, que des sièges leur soient majoritairement réservés dans les préfectures et les conseils généraux sans la moindre élection, qu’ils bénéficient de mesures spéciales de la part des préfectures (généralement annulées en vain par les tribunaux administratifs), de la complicité de nombreux maires et de la cécité volontaire de magistrats pour que la question soit préoccupante.

Au Sénat, par exemple, les chasseurs sont sur-représentés par des sénateurs qui bloquent toute réforme.

Ce sont donc les chasseurs qui défendent non « une conquête de 89 » mais un privilège d’Ancien Régime contre l’intérêt général et contre l’immense majorité d’un Tiers état non chasseur voire opposé à la chasse.

Or, en cas de désaccord entre un ministre et les chasseurs, c’est le ministre qui s’en va. Les chasseurs imposent des zones de non-droit (col de l’Escrinet, Platier d’Oye, baie de Seine, pointe de Grave, grande Brière…) où ils entendent se livrer au braconnage sans contrôle ni répression, quitte à interdire l’accès des zones qu’ils veulent contrôler aux gardes-chasse. Les militants écologistes qui s’opposent à eux font presque systématiquement l’objet de menaces et d’agressions, contre les biens ou contre les personnes, dont les auteurs sont rarement poursuivis et moins encore condamnés.

Nous demandons la séparation de la chasse et de l’État, comme jadis de l’Église et de l’État.

La culture de la chasse, si fort revendiquée par les chasseurs, repose essentiellement sur les notions de tradition et de terroir, de la « France profonde », de la ruralité, en quoi l’on reconnaît l’idéologie de l’extrême droite depuis le XIXème siècle : le culte des morts et de la terre, des racines. Cette idéologie oppose le village à la ville, la France à l’Europe, le plaisir personnel au bien public (qui consisterait plutôt à protéger les espèces).

Cette collusion entre la délinquance, les pouvoirs politiques et l’idéologie évoque les pires souvenirs. Aucune démocratie digne de ce nom ne peut s’accommoder de la chasse telle qu’elle existe en France, où l’on compte le plus grand nombre de chasseurs et les plus grand nombre d’espèces chassées, le plus longtemps et par le plus de moyens !

Il faut rappeler également que la chasse est une école du crime. On critique à bon droit les Américains qui revendiquent le droit de porter une arme, mais la chasse met légalement en circulation en France 16 millions d’armes. Dans les campagnes, tout le monde est armé. En cas de colère, il est plus facile de tirer quand on a une arme sous la main et qu’on s’est accoutumé tous les dimanches à tuer des êtres vivants. On remarquera que la plupart des crimes sont commis avec une arme de chasse par un chasseur.

• Pour résumer, les raisons d’abolir la chasse sont donc d’ordre : éthique (réconcilier les hommes et les animaux, lesquels ont aussi droit à l’existence, décourager les pulsions de violence)

• écologique (protection des espèces, pollution au plomb et au plastique des cartouches, restauration des équilibres naturels, partage des espaces)

• de sécurité (accidents de chasse, pacification des campagnes, limitation des crimes et des armes)

• politique (disparition d’un lobby populiste hérité de Vichy, séparation de la chasse et de l’État, clientélisme électoral)

Tout le monde parle de « moderniser » la France, mais la première chose à faire serait de se débarrasser des archaïsmes et des anachronismes d’Ancien Régime, et, en tout premier lieu, de la chasse à courre.

Par Armand Farrachi,
écrivain et membre fondateur
de la Convention Vie et Nature
pour une écologie radicale.

Rédigé par Gavroche

21 février 2010 à 11:30

Publié dans Chasse

Tag(s) associé(s): ,

Mais la chasse tue aussi des êtres humains…

laisser un commentaire »

Pour en finir avec l’hécatombe des accidents de chasse et garantir la sécurité à tous les usagers de la nature, l’ASPAS, avec un collectif de 100 associations, demande l’arrêt de la chasse le dimanche.

Il n’est plus acceptable, dans notre démocratie, qu’un loisir dangereux pratiqué par moins de 2 % de la population, prive des millions de citoyens de vivre la nature dans des conditions élémentaires de sécurité.

Le danger maximum étant le dimanche et la chasse étant autorisée tous les autres jours, il est urgent d’instaurer une trêve de la chasse le dimanche.

Depuis 1997, l’Office Nationale de la Chasse et de la Faune Sauvage a recensé 2127 accidents et 319 morts (Chiffres non communiqués pour la saison 2008-2009).

Les accidents de chasse depuis le début de la saison 2009 2010

En 2000, l’interdiction de la chasse le mercredi avait été une piètre réponse à la demande du dimanche, jour qui concentre non seulement l’immense majorité des promeneurs, mais aussi le plus haut risque d’accidents, du fait notamment des battues. Plus de 34 % de ces accidents se produisent le dimanche.

Suite à la désastreuse politique écologique du gouvernement, les chasseurs ne sont plus tenus à un jour sans chasse.

D’après les comptages de l’ASPAS, très peu de départements ont fixé librement un jour sans chasse, mais jamais le dimanche.

Vous pouvez aller signer la pétition pour l’arrêt de la chasse le dimanche sur le site de l’ASPAS :

http://www.aspas-nature.org/component/option,com_joomlapetition/func,viewcategory/Itemid,/catid,2/lang,fr/

Rédigé par Gavroche

15 février 2010 à 10:51

Publié dans Chasse, Protection animale

Tag(s) associé(s): ,

Les chasseurs aiment la nature…

avec 3 commentaires

Les chasseurs aiment leur chien

Cette photo est atroce. C’est le cadavre d’un chien de chasse qui vient d’être exécuté par son propriétaire.


Comment on le sait ?


Par le témoignage d’un promeneur qui arrivait juste sur les lieux à ce moment là.
Il a vu un type sortir le chien du coffre arrière de son véhicule, le traîner, non sans résistance d’ailleurs, le chien étant attaché, jusqu’à un arbre.
Coup de feu. L’animal a été abattu d’une balle dans la tête.

Complètement remué, le promeneur a alerté les gendarmes, quelques associations de protection animale, un refuge.
L’autopsie a révélé que les projectiles étaient bien ceux d’un fusil de chasse (calibre 12, plomb 6, pour la chasse au faisan).
L’exécution du chien s’est déroulée dimanche 07 février dans un bois isolé, entre Castelsarrasin et Saint-Nicolas-de-la-Grave, dans le Tarn-et-Garonne.

Chien de chasse éliminé au fusil …Comme d’hab’…On dirait bien que la saison de chasse 2009/2010 tire vers sa fin…


Comment ça, tu ne savais pas que c’est pratique courante ?
Les viandards aiment la nature comme ils aiment leurs chiens.

Rédigé par Gavroche

15 février 2010 à 10:21

Publié dans Chasse, Protection animale

Tag(s) associé(s): ,

La chasse à l’enfant continue

avec 4 commentaires

flic et chien

Il y a eu l’irruption de la police et de leurs chiens dans un collège du Gers l’automne dernier,  les fouilles au corps de nos enfants au sein même de leur école,  leur  fichage dès l’âge de trois ans…  Les enfants sont devenus dangereux…  Et cette semaine, il y eu ceci :

Mardi après-midi, six policiers sont arrivés devant l’école élémentaire Louis-Aragon, à Floirac, en Gironde

A l’heure de la sortie des classes, les policiers ont interpellé deux enfants âgés de 6 et 10 ans, à la suite de la dénonciation d’une autre mère d’élève, qui avait cru reconnaître le vélo volé d’un de ses enfants.

Cette dame a d’abord demandé au directeur de l’école de confisquer le vélo, ce qu’il a refusé de faire, et a finalement déposé plainte.

Les deux jeunes enfants ont donc été emmenés manu militari au commissariat de Cenon, où leurs mères les ont rejoints un peu plus tard, afin d’établir leur identité et de procéder à leur audition. L’interrogatoire de ces dangereux voleurs a duré deux heures. Un entretien à l’issue duquel les deux garçonnets ont d’ailleurs été innocentés. Car la mère de l’un des enfants a fourni une attestation sur l’honneur signée de la personne qui le lui avait offert …

Je suis choquée qu’ils viennent chercher des gamins à la sortie de l’école devant tous leurs camarades“, a témoigné Aïcha Ouachin, la maman de l’un des enfants, qui aurait préféré que la police “aille voir le directeur, qu’ils demandent les coordonnées du gamin et qu’ils viennent à la maison ou qu’ils nous convoquent“.

Au total, deux équipages et six agents de police ont été mobilisés pour emmener au commissariat les garçonnets, la plaignante, ses deux enfants et les bicyclettes.

Eh oui, ces deux enfants, dont la maman s’appelle Aicha, auraient pu être des sans papiers, allez savoir, voire des terroristes en herbe… La France de Sarkozy est décidément un beau pays.


Enfant-au-milieu-de-flics

LA CHASSE A L’ENFANT


Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

Au-dessus de l’île on voit des oiseaux
Tout autour de l’île il y a de l’eau

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

Qu’est-ce que c’est que ces hurlements

Bandit ! Voyou ! Voyou ! Chenapan !

C’est la meute des honnêtes gens
Qui fait la chasse à l’enfant

Il avait dit j’en ai assez de la maison de redressement
Et les gardiens à coup de clefs lui avaient brisé les dents
Et puis ils l’avaient laissé étendu sur le ciment

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

Maintenant il s’est sauvé
Et comme une bête traquée
Il galope dans la nuit
Et tous galopent après lui
Les gendarmes les touristes les rentiers les artistes

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

C’est la meute des honnêtes gens
Qui fait la chasse à l’enfant

Pourchasser l’enfant, pas besoin de permis
Tous le braves gens s’y sont mis
Qu’est-ce qui nage dans la nuit
Quels sont ces éclairs ces bruits
C’est un enfant qui s’enfuit
On tire sur lui à coups de fusil

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

Tous ces messieurs sur le rivage
Sont bredouilles et verts de rage

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

Rejoindras-tu le continent rejoindras-tu le continent !

Au-dessus de l’île on voit des oiseaux
Tout autour de l’île il y a de l’eau.


Jacques Prévert

Rédigé par Gavroche

21 mai 2009 à 3:55

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.