Alter46’s Blog

Fraises espagnoles … scandale écologique … et social

Posté en Ecologie, Société par alter46 à 23 mars 2009

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D’ici à la mi‐juin, la France aura importé d’Espagne plus de 83.000 tonnes de fraises.

Enfin, si on peut appeler « fraises » ces gros trucs rouges, encore verts près de la queue car cueillis avant d’être mûrs, et ressemblant à des tomates. Avec d’ailleurs à peu près le goût des tomates… Si le seul problème posé par ces fruits était leur fadeur, après tout, seuls les consommateurs piégés pourraient se plaindre d’avoir acheté un produit qui se brade actuellement entre deux et trois euros le kilo sur les marchés et dans les grandes surfaces, après avoir parcouru 1.500 km en camion. À dix tonnes en moyenne par véhicule, ils sont 16.000 par an à faire un parcours valant son pesant de fraises en CO2 et autres gaz d’échappement. Car la quasi‐totalité de ces fruits poussent dans le sud de l’Andalousie, sur les limites du parc national de Doñana, près du delta du Guadalquivir, l’une des plus fabuleuses réserves d’oiseaux migrateurs et nicheurs d’Europe.

Il aura fallu qu’une équipe d’enquêteurs du WWF‐France s’intéresse à la marée montante de cette fraise hors saison pour que soit révélée l’aberration écologique de cette production qui étouffe la fraise française (dont une partie, d’ailleurs, ne pousse pas dans de meilleures conditions écologiques). Ce qu’ont découvert les envoyés spéciaux du WWF, et que confirment les écologistes espagnols, illustre la mondilaisation bon marché.

Cette agriculture couvre près de six mille hectares, dont une bonne centaine empiète déjà en toute illégalité (tolérée) sur le parc national. Officiellement, 60% de ces cultures seulement sont autorisées; les autres sont des extensions «sauvages» sur lesquelles le pouvoir régional ferme les yeux en dépit des protestations des écologistes.

Les fraisiers destinés à cette production, bien qu’il s’agisse d’une plante vivace productive plusieurs années, sont détruits chaque année. Pour donner des fraises hors saison, les plants produits in vitro sont placés en plein été dans des frigos qui simulent l’hiver, pour avancer leur production. À l’automne, la terre sableuse est nettoyée et stérilisée, et la microfaune détruite avec du bromure de méthyl et de la chloropicrine. Le premier est un poison violent interdit par le protocole de Montréal sur les gaz attaquant la couche d’ozone, signé en 1987 (dernier délai en 2005); le second, composé de chlore et d’ammoniaque, est aussi un poison dangereux: il bloque les alvéoles pulmonaires.

Qui s’en soucie ? La plupart des producteurs de fraises andalouses emploient une main‐d’oeuvre marocaine, des saisonniers ou des sans‐papiers sous‐payés et logés dans des conditions précaires, qui se réchauffent le soir en brûlant les résidus des serres en plastique recouvrant les fraisiers au coeur de l’hiver.

Un écologiste de la région raconte l’explosion de maladies pulmonaires et d’affections de la peau.

Les plants poussent sur un plastique noir et reçoivent une irrigation qui transporte des engrais, des pesticides et des fongicides. Les cultures sont alimentées en eau par des forages dont la moitié ont été installés de façon illégale. Ce qui transforme en savane sèche une partie de cette région d’Andalousie, entraîne l’exode des oiseaux migrateurs et la disparition des derniers lynx pardel, petits carnivores dont il ne reste plus qu’une trentaine dans la région, leur seule nourriture, les lapins, étant en voie de disparition. Comme la forêt, dont 2 000 hectares ont été rasés pour faire place aux fraisiers.

La saison est terminée au début du mois de juin. Les cinq mille tonnes de plastique sont soit emportées par le vent, soit enfouies n’importe où, soit brûlées sur place.

Et les ouvriers agricoles sont priés de retourner chez eux ou de s’exiler ailleurs en Espagne. Remarquez : ils ont le droit de se faire soigner à leurs frais au cas ou les produits nocifs qu’ils ont respiré…

La production et l’exportation de la fraise espagnole, l’essentiel étant vendu dès avant la fin de l’hiver et jusqu’en avril, représente ce qu’il y a de moins durable comme agriculture, et bouleverse ce qui demeure dans l’esprit du public comme notion de saison. Quand la région sera ravagée et la production trop onéreuse, elle sera transférée au Maroc, où les industriels espagnols dela fraise commencent à s’installer. Avant de venir de Chine, d’où sont déjà importées des pommes encore plus traitées que les pommes françaises… (Lire la suite…)

La grève … deux petits tours, et puis s’en vont …

Posté en Actu et politique par alter46 à 21 mars 2009

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Un jour de grève fin janvier, un autre jeudi dernier, le prochain, ben… le premier mai.

Les syndicats, au bout de plus de quatre heures de palabres hier,  ont décidé de “se revoir le 30 mars” …

Le premier mai, ça tombe bien, personne ne travaille ce jour-là. En plus, il fera beau, on n’aura pas à craindre la pluie et le froid. Les enfants n’auront pas d’école, et on n’aura pas de problèmes pour les faire garder, les mairies n’auront pas à chercher des volontaires pour le service minimum d’accueil. Tout le monde sera content, même le gouvernement !

Peut-être qu’il y aura quelques récriminations à l’encontre de la politique du gouvernement, mais faudra pas y aller trop fort, hein,  il est un peu bloqué par la crise, le gouvernement.

Parce que, soyons raisonnables, si on augmente les salaires, les entreprises qui sont déjà exsangues vont disparaître. Et puis Madame Parisot l’a dit, la grève ça coute cher, beaucoup de milliards aux malheureux patrons, et puis, il faudrait pas que ça dure trop longtemps, parce qu’ils n’auraient plus les moyens de mettre du carburant dans leurs grosses bagnoles.  C’est qu’elle roule en Maserati,  Madame Parisot….

Tous les syndicats unanimes le disent, vous avez vu le nombre qu’on était dans la rue, plus que le 29 janvier, super, hein !  Eh oui, c’était beau, et on s’est dit, voilà enfin le peuple est en marche.  Sauf que les transports ont roulé, le service minimum d’accueil a fonctionné, et du coup, nos ministres ont eu beau jeu de dire :  “trois millions, bof, c’est une toute petite partie de l’électorat…” et puis “il y a eu moins de grévistes”…

Du coup, Sarko finalement avait raison “quand il y a une grève, on ne s’en aperçoit pas”.

Même la bourse ne s’y est pas trompée, car pendant que les syndicats crient victoire,  elle a continué de grimper… ce qui n’est pas bon signe.

Au final,  le gouvernement l’a dit, oui, on vous comprend, vous êtes angoissés par la crise… mais on ne vous donnera rien.  On a déjà tout donné aux riches.

Quant à la mobilisation, parlons-en…  Ah certes, il faisait beau le 19 janvier un peu partout en France… Du coup, les terrasses des cafés étaient bondées…  Beaucoup plus que les rues.

Car il ne faut pas rêver, Sarkozy et le Medef commenceront à s’intéresser aux revendications des français,  quand la grève sera générale, comme en Guadeloupe…

Alors, voilà, on peut quand même espérer une suite à tout ça :

www.21mars2009.fr

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Total, champion de la pwofitasion

Posté en Actu et politique par alter46 à 21 mars 2009

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Si vous êtes déjà écœurés par les façons de faire de Total le pollueur, pilleur, anti social, voilà de quoi vous conforter dans vos sentiments. Avec des chiffres traduits  en unités de rêves volés.

Plein de fric! Plein, plein, plein!

Total bat d’années en années le record de profit jamais atteint par une entreprise française. 2

2006: 12,6 milliards d’euros

2007: 13,2 milliards d’euros

2008: 13,9 milliards d’euros.

L’essentiel de ces profits hors normes n’est pas réinvesti à long terme. Entre 2002 et 2005, les investissements productifs de Total ont augmenté 5 fois moins vite que ses profits : +22% d’investissements dans la production, quand les profits augmentaient, eux, de 106 %!

La manne sert surtout à augmenter la rémunération des actionnaires. Dans ces conditions, depuis 2003, le dividende par action a doublé. Il est passé de 1,18 euros à 2,28 euros. Ou bien, ce qui revient au même de bien des façons, le pactole est utilisé à racheter ses propres actions. Total est aussi devenu le champion français des rachats d’action. Ces opérations sont de telle ampleur qu’elles représentent à elles seules la moitié des opérations de rachat d’action de l’ensemble des entreprises françaises depuis 2000.

Depuis cette date, Total a ainsi racheté pour 30 milliards d’euros de ses propres actions. Cette pratique purement spéculative sert juste à faire grimper artificiellement le cours de l’action Total, et à augmenter à court terme le dividende versé par action… C’est une forme de destruction du capital de l’entreprise. Trente milliards partis en fumée. Mais payés par les consommateurs.

Bien sur de ces masses d’argent les salariés n’en voient pas non plus la couleur: le salaire moyen y a baissé de 8% en trois ans et la part des salaires dans la valeur ajoutée y a chuté de quatre points.

Nos rêves sont dans leur poches

Il est bien possible que tous ces chiffres ne soient pas vraiment compréhensibles par beaucoup de gens. C’est trop de zéros. Trop.

Alors quelques comparaisons concrètes aident à bien se représenter de quoi il s’agit. Les 13,9 milliards de profits suffiraient à financer une baisse de 2 points du taux normal de TVA pour tous les Français en faisant passer de 19,6 à 17,6 %. Ou bien encore mieux ils suffiraient pour supprimer carrément la TVA sur les produits de première nécessité. Il s’agirait de la suppression du taux de 5,5 % qui serait ramené à 0. Oui, taux zéro!

Avec les 30 milliards de profits gaspillés dans le rachat de ses propres actions, par Total, on aurait pu construire 300 000 logements sociaux. En effet le coût moyen d’un logement social tourne autour de 100 000 euros. Et si cette comparaison ne suffit pas en voici deux autres. Ces 30 milliards gaspillés par Total représentent 10 fois le budget de la culture en France (3 milliards) ou 5 fois le budget de la justice (6 milliards).


Récupération urgente: nationaliser Total


Jusqu’à la vague libérale des années 1990, en France, l’État a toujours gardé un contrôle étroit sur l’activité pétrolière et gazière. Dépourvue de véritables ressources pétrolières sur son territoire notre pays n’avait pas d’atout particulier pour avoir une industrie pétrolière de grande envergure. Pourtant cette industrie est devenue la 4ème du monde. C’est en bonne partie grâce à l’impulsion publique qu’elle a pu y arriver. Et pas d’aujourd’hui. On peut remonter à 1750 pour voir l’État royal accorder des patentes à la 1ère manufacture pétrolière du monde pour produire huiles et asphaltes à Péchelbronn.

Plus près de nous, face à l’anarchie marchande qui menaçait l’approvisionnement de la France, une loi de 1928 instaurait un monopole d’État sur l’importation de pétrole et sur l’utilisation de ses produits dérivés. Dans ce cadre, les compagnies pétrolières étaient soit publiques, comme Elf, soit d’économie mixte comme Total-Compagnie française des pétroles dans lequel l’État disposait de 30 % du capital et d’une voix prépondérante.

C’est la droite libérale qui a mis par terre cet édifice: ouverture du capital d’Elf en 1986, puis privatisation totale d’Elf et de Total-CFP en 1993-1994 par Balladur. Bien sur je n’oublie pas que la loi pétrolière de 1928 avait été abrogée par le gouvernement Rocard en 1992, ouvrant ainsi la voie à la dérégulation du secteur.

Dès lors l’État s’est privé de tout instrument efficace de pilotage du secteur. L’orgie actuelle vient de là.

Humour, à présent. Humour noir, bien sur. Alors que l’État français n’a plus aucune influence sur Total, c’est l’Etat chinois qui en a, à présent. En effet il est entré depuis 2008 au capital de Total pour 1,6 % à travers le fond souverain de la banque centrale chinoise. Ce qui fait de la Chine un des 3 premiers actionnaires du géant pétrolier!

Total champion de la profitation

Et pour finir un petit écho de la participation de Total aux malheurs du pays. Total détient (à 50 %) comme filiale, la SARA (Société des raffineries antillaises) qui domine l’approvisionnement en carburant des Antilles. Cette filiale de Total est directement responsable de la surévaluation du prix de l’essence aux Antilles, à cause de diverses pratiques de sur-marge. Au point que même le secrétaire d’État Jégo a pu déclarer qu’il y a « un vrai problème de transparence et même un questionnement sur un enrichissement sans cause des compagnies pétrolières», et que «tout pourrait se terminer par une action judiciaire de l’État contre elles”…

Chiche !

http://www.jean-luc-melenchon.fr/


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Le scandale de la fermeture de l’usine de Clairvoix

Posté en Actu et politique par alter46 à 21 mars 2009

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C’est en anglais que les salariés de Clairvoix ont été virés…

1120 emplois supprimés. Bon, je suppose que maintenant tout le monde a en tête le cas: la direction de l’usine avait obtenu en 2007 des salariés de Clairvoix qu’ils renoncent aux 35h et passent aux 40h sans gain de salaire … Bien sur, les gens se sont dit que c’était pour sauver le site. Et sans doute que c’était “mieux que rien”. Et ainsi de suite. D’ailleurs à l’époque, qui les aurait défendu? Qui entendait leur cris de rage? Eux ils ont fait ce qu’ils croyaient le plus raisonnable. Pour sauver le site, bien sur. Les belles personnes leur ont tapé dans le dos avec des soupirs de compréhension. Les chefs aussi étaient contents de voir tous ces gens si raisonnables. Cinq heures supplémentaires gratis! Les chroniqueurs économiques aussi ont du trouver ça moderne et responsable.

Pourtant, la même année, en 2007, Continental avait réalisé 1,02 milliards d’euros de bénéfices. Ca, on le rappelle moins souvent. Ca veut dire qu’à l’époque déjà, question foutage de gueule les choses étaient bien engagées sur le dos des pauvres diables. D’ailleurs le commentaire du PDG du Groupe prouve combien «not’ bon maitre» sait reconnaître les efforts. La direction a «apprécié» l’effort du personnel. Tel quel!

Malheureusement: «ça n’a pas suffi».

Et d’ailleurs, précise le directeur : «Continental ne s’engage jamais sur les emplois». Les gens ont été vraiment sympas de ne lui jeter que des œufs!

Voyons la suite à présent. Cette année encore Continental a fait des bénéfices sur les pneus, n’en déplaise aux griots qui vont répétant la propagande patronale sur le refrain «moins d’automobiles vendues donc moins de pneus achetés». C’est vrai que Continental affiche en 2008 une perte financière de 1,22 milliards. Mais pas à cause des pneus vendus en moins …

Le déficit est lié à l’acquisition hasardeuse de la filiale automobile de Siemens en 2008. Mais la branche pneu dégage quand même des bénéfices, eux-mêmes en augmentation.Vous suivez? C’était il y a trois mois! Le bénéfice d’exploitation de la branche pneu en 2008 a été de 984 millions d’euros. Le taux de marge de 11 %, a même été le le plus élevé des branches du Groupe. C’est même les exploiteurs qui l’ont dit. En effet lors de l’annonce des résultats du groupe, la direction avait «souligné un résultat d’exploitation remarquable de la branche pneu» (communiqué du groupe sur les résultats 2008).

Ce petit rappel donne la mesure des bobards qui se déversent depuis plusieurs jours sur l’inéluctabilité de la crise qui bla bla bla . Et ce n’est pas tout. Le scandale a une racine plus honteuse encore.

En fait le point de départ de la catrastrophe actuelle ce n’est ni la crise du pneu, ni celle de l’automobile. C’est le capitalisme de casino. En 2008, Continental a fait l’objet d’un rachat mouvementé par le groupe allemand Schaeffler par une OPA hostile. Cas d’école: le racheteur avait un chiffre d’affaire trois fois plus petit que celui de l’acquis!

Évidemment celui-ci a été incapable d’assurer le développement de l’entreprise. Et même pire. Schaeffler s’est endetté de 22 milliards d’euros. Un endettement du en bonne partie au rachat de Continental, via des emprunts à hauteur de 16 milliards. A l’époque, ce gigantesque coup financier a fait grand bruit en Allemagne, Elisabeth Schaeffler étant qualifiée de “veuve rusée” compte tenu de la manne boursière espérée de l’opération. Mais la crise a fait chuter la valeur des actions Continental! Et le montage financier de Mme Schaeffler s’est effondré.

Rassurez-vous, la veuve a de quoi voir venir, elle. Ce n’est pas comme ces manants qui fabriquent des pneus! Mme Schaeffler est en effet la 7ème plus grande fortune d’Allemagne. Elle fait partie des 100 personnes les plus riches du monde. Son patrimoine personnel est estimé à 8,5 milliards d’euros. Sans pitié, et sans toucher à son immense fortune personnelle, elle liquide maintenant Continental pour éponger les dégâts …

Au final, Continental, 4ème fabricant mondial de pneu aura été dépouillé pour qu’un autre groupe, trois fois plus petit que lui puisse refaire une santé financière. Voila l’efficacité du capitalisme ! Bien sur la «veuve rusée», Marie-Elisabeth Schaefler, demande à présent l’aide du gouvernement allemand pour achever la restructuration ! ..

Et maintenant que vous savez tout ça, écoutez les commentaires des gens de droite qui gouvernent. Eux savent aussi tout ça. Leur commentaires la main sur le cœur n’en sont que plus odieux de duplicité et de tromperie. De toute façon, à part des phrases pour les gogos qui les recopient sans poser de question, tous ces gens ne font rien. Rien de rien. Les gens peuvent crever, c’est tout.