LE BLOG DE GAVROCHE

Le marché … de la misère…

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On n’entend plus que ça ces derniers jours… Nos gouvernants sont en train de “rassurer les marchés”, en donnant de jolis tours de vis à tous les acquis sociaux… Partout en Europe, à commencer par la Grèce, l’Irlande, l’Espagne, le Portugal, et maintenant chez nous, avec le fameux plan de rigueur qui n’en est pas un, mais quand même…Il faut sauver l’Europe, paraît-il, enfin… il faut (encore) sauver les banques…

Des millions de milliards pour sauver les banquiers, 750 milliards pour une Europe libérale qui ne profite à personne …

Et au final, ce sont toujours les mêmes qui vont payer la facture…

D’un côté, on a ça  :

Toujours plus gras, toujours plus riches

Et pour beaucoup d’autres, bien plus nombreux, il y a ça…

Le marché de la misère aux portes de Paris

Le marché de la misère à Montreuil

C’est moche. C’est sale. Les pauvres, ça fait tâche, et ça pue…

« Ça fait fuir la clientèle » disent  les commerçants.   C’est le marché de la misère porte de Montreuil.  Le phénomène a pris cette année une ampleur sans précédent, avec trois mille stands entre l’avenue de la porte de Montreuil et le périphérique. Sur des tapis ou des cartons, les plus fortunés vendent de la contrefaçon. Les autres, tout et n’importe quoi. Chaussures, vêtements, téléphones portables et même du dentifrice. Autant d’objets souvent «tombés du camion» ou trouvés dans des poubelles.

Alors, lundi dernier, les riverains et les associations de commerçants ont manifesté, aux côtés de la maire du XXe arrondissement (socialiste, si, si !) pour protester contre la présence des vendeurs à la sauvette aux alentours du site. La manifestation a rassemblé environ 300 personnes, entourées par un important dispositif policier…

La maire socialiste (j’y tiens) a donc lancé un « cri d’alarme » concernant le marché de la misère en pleine expansion de la porte de Montreuil. « Il y a de la contrebande de cigarette, du trafic de drogue, du recel de vol. Tous les trottoirs sont occupés, les riverains ne peuvent plus rentrer chez eux dans des conditions normales ».

Les commerçants râlent, évidemment, car disent-ils : «A la sauvette, tout est moins cher»… Ben oui, et c’est sûrement pour ça que les vendeurs à la sauvette ont des clients…

« Quand ils partent, c’est dégueulasse », tempête une riveraine. « Ils squattent les halls d’immeuble, font leurs besoins n’importent où, c’est franchement insalubre »

Commerçants et riverains jurent qu’ils finiront par «se faire justice eux-mêmes», et que «Ça va se terminer à coups de batte»…

Le préfet de police, pourtant, est fier du “travail” effectué par ses services : « L’an dernier ce ne sont pas moins de 10.000 procès verbaux pour vente sur la voix publique sans autorisation ont été dressés. Depuis le début de l’année, 2.730 contraventions l’ont été à nouveau ».

Voilà le travail :

Il écrase rageusement avec ses bottes une vieille cassette, une montre en toc, un casque stéréo hors d’âge, autant de dérisoires marchandises… Sans se gêner, le jeune flic foule les couvertures élimées où sont posés quelques pauvres objets. Autour de lui, les miséreux affolés – de vieux messieurs rebeus ou noirs, des Chinois ou des jeunes Roumains – ramassent leurs affaires en murmurant “Enfoiré !” Ambiance.

Nous sommes à Belleville, dans l’un de ces “marchés de la misère” qui pullulent depuis quelque temps dans les quartiers populaires de la capitale, porte de Saint- Ouen ou de Montreuil. Des pauvres vendent à même le trottoir, à une foule aussi démunie qu’eux, les objets les plus hétéroclites : un téléphone, une unique chaussure, un jouet cassé, un paquet de piles… Un bric-à-brac ahurissant qui aurait un charme surréaliste s’il ne cachait une dure misère. Hassan, tunisien de 55 ans : “M’sieur, j’te jure, j’me fais 5 euros par jour, et encore… J’étais peintre en bâtiment… J’ai une chambre à l’hôtel avec un ami… Le RMI, c’est 450 euros, ma chambre, elle, coûte 350, il me reste 100 par mois…”

Ali, comorien, 60 ans : “Le RMI, j’y ai plus droit. La CAF, ils disent que je dois attendre. Je sais plus pourquoi… Alors je vends. Mais la police, elle met des amendes. 172 euros ! La dernière, j’ai mis plus d’un an à la payer. Un an, mon ami. Je donnais 10 euros par mois…” Le phénomène va grandissant, à tel point que la mairie du XVIIIe a ouvert sous le périph porte Montmartre un “carré des biffins” pour cette population en détresse qu’elle tente de réinsérer.

“Ce sont des gens coupés de toute institution. Ils n’ont plus de comptes bancaires, plus accès au RSA, aux agences d’intérim… Ils survivent en marge de la société. Comme dans les pays du Sud.”

Pourtant, il n’y a pas que la misère sur ces marchés. On sent la vie qui se défend. “C’est vrai, ces marchés servent aussi à créer un lien social parallèle. Ils jouent un rôle de sociabilité de rue. On s’y sent un tout petit peu plus protégé contre les accidents, la solitude, le froid… On a tendance à voir les pauvres comme des victimes passives. C’est faux. Il faut être extrêmement actif !”

Mais allez expliquer ça au policier qui piétine leurs minuscules richesses…

Article de Patrick Williams, dans les Inrocks

Mais le marché de la misère, c’est ça…

Et qui sont les clients ? Les plus pauvres d’entre les pauvres … Hommes et femmes, ils ont souvent autour de la soixantaine, et leur porte-monnaie est quasi vide … Bref, tous ceux qui sont «dans la dèche» et qui font leur marché, pour cause de retraite trop maigre, de dépenses de santé toujours plus chères… Ici, rien ne se perd, tout se récupère et se vend. Ce ne sont plus des vide-greniers mais des vide-frigo.

Cinquante centimes les quatre yaourts, une affaire.  Du saumon fumé, des saucisses, des fromages, du pain de mie, des poireaux, des oranges et des jus de fruits, récupérés dans les poubelles du Monoprix voisin.

Le marché des pauvres … Mères célibataires, smicards, retraités, handicapés, étrangers, sans-papiers… Et ce qui “marche” le mieux, c’est la nourriture…

Dessin de Nagy

Le plus moche, c’est certains commentaires qu’on trouve sur les forums à ce sujet :

…lorsqu’un cas de tuberculose apparaît dans le quartier à cause de la insalubrité (sic) galopante, c’est qu’il y a urgence à faire le ménage. La pauvreté n’excuse pas tout, ne vous en déplaise…

…“Qu’on leur trouve du boulot..” dites vous ?
Parce que mon métier “on” me l’a trouvé peut être ? Arrêtons cette démagogie à deux sous, surtout venant de la part de personnes qui ne vivent pas a 100mètres de ces chiffoniers, sales et répugnants. Parlant à peine notre langue.
Européens certes, mais pas Francais !…

Aujourd’hui, la misère dérange, mais pas l’arrogance des puissants…

Bientôt, ce sera peut-être notre tour d’aller faire les poubelles juste pour manger.


Rédigé par Gavroche

14 mai 2010 à 3:40

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