Début des 10 jours d’agitation contre l’antiterrorisme !!!
Partout en France et à l’étranger, auront lieu des réunions, des débats, des concerts …
Le programme des réjouissances est disponible sur le site :
http://www.soutien11novembre.org/
Manifestation nationale à Paris le 31 janvier.
C’est à 15 heures, à la station de métro Saint Michel.
Je voulais suite à cela, vous faire lire la “Lettre de Gabrielle”, l’une des inculpées, cette lettre est parue dans le Monde d’aujourd’hui :
“J‘ai été mise en examen et mise sous contrôle judiciaire suite aux arrestations du 11 novembre 2008. Sur les neuf personnes inculpées, Julien [Coupat] reste encore incarcéré. L’appel pour sa libération aura lieu dans les jours à venir. A nouveau l’attente. Le lent dégonflement de l’affaire continue, et une nouvelle étape a été franchie, vendredi 16 janvier, avec la sortie d’Yildune [Lévy]. Il en faudra d’autres.
Cette triste affaire aura au moins rappelé l’obsession du pouvoir : écraser tout ce qui s’organise et vit hors de ses normes.
Je ne voudrais pas qu’on puisse prendre cette histoire comme un événement isolé. Ce qui nous est arrivé est arrivé à d’autres, et peut arriver encore.
6h40 : braquée dans mon lit. Cagoulés, des hommes de la sous-direction de la lutte antiterroriste (SDAT) cherchent désespérément des armes en hurlant. Menottée sur une chaise, j’attends la fin des perquisitions, ballet absurde, pendant des heures, d’objets ordinaires mis sous scellés. Sachez-le, si cela vous arrive, ils embarquent tout le matériel informatique, vos brosses à dents pour les traces ADN, vos draps pour savoir avec qui vous dormez.
Après plus de huit heures de perquisition, ils me chargent dans une voiture. Direction : Paris-Levallois-Perret. Les journalistes cernent le village. Personne ne pourra manquer d’admirer le spectacle de la police en action, et les moyens imposants du ministère de l’intérieur quand il s’agit de sécuriser le territoire. Quand cinq flics arrêtent un type, ça peut sembler arbitraire, quand ils sont 150 et avec des cagoules, ça a l’air sérieux, c’est l’état d’urgence. La présence des journalistes fait partie de la même logique. Ce qui s’est passé là, comme les arrestations à Villiers-le-Bel, ce n’est pas un dérapage, c’est une méthode.
Levallois-Perret, locaux de la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) et de la SDAT. Des préfabriqués sur trois étages, superposition de cellules spéciales, caméras panoptiques braquées en permanence sur toi. Quatre-vingt-seize heures de garde à vue. Mais le temps n’est vite plus un repère. Ni heure ni lumière du jour. Je ne sais pas combien de personnes ont été arrêtées. Je sais seulement, après notre arrivée, les motifs de mon arrestation.
Les interrogatoires s’enchaînent. Une fois huit heures sans pause, va-et-vient de nouveaux officiers qui se relaient. Mauvaises blagues, pressions, menaces : “Ta mère est la dixième personne mise en garde à vue dans le cadre de l’opération Taïga, on va la mettre en détention”, “Tu ne reverras plus ta fille”. Leur bassesse n’est pas une surprise. Ils me questionnaient sur tout : “Comment vivez-vous?”, “Comment êtes-vous organisés pour manger?”, “Est-ce que tu écris?”, “Qu’est-ce que tu lis?” Ils voulaient des aveux pour donner corps à leur fantasme de cellule terroriste imaginaire.
Un des officiers de la police judiciaire (PJ) m’a annoncé, lors de la perquisition : “Nous sommes ennemis.” Ennemis peut-être, mais nous ne sommes pas leur reflet. Il n’y a jamais eu de cellule invisible, et nous n’avons que faire de “chefs” et de “bras droits”. La police croit toujours que ce qu’elle traque est organisé à son image, comme en d’autres temps, où elle brandissait le spectre du syndicat du crime.
Un gendarme me lit un communiqué allemand, diffusé le 10 novembre en Allemagne, qui revendique les sabotages dans le cadre d’une action antinucléaire. Sabotages dont ils veulent nous accuser. Le communiqué apparaîtra dans le rapport de la SDAT transmis à la presse dès la première semaine, puis sera quasiment oublié.
Au bout de trois jours, un avocat peut venir assister le prévenu retenu sous le coup d’une procédure antiterroriste. Trois jours pendant lesquels tu n’es au courant de rien d’autre que de ce que la police veut bien te dire, c’est-à-dire rien ou des mensonges. Alors oui, ce fut vraiment un soulagement quand on m’a annoncé que je pouvais voir mon avocate. Enfin des nouvelles de ma fille et de l’ampleur médiatique de l’affaire. Nouvelles aussi du village et du comité de soutien créé dans les premiers jours qui ont suivi l’arrestation.
Puis ce fut le dépôt (lieu de détention avant de comparaître devant le juge). Là s’entassent des centaines d’hommes et de femmes dans la crasse et l’attente. Une pensée pour Kafka dans le dédale de la souricière, infinité de couloirs gris et humides dont les portes s’ouvrent sur les rutilantes salles d’audience. Je suis amenée jusqu’aux galeries toutes neuves de la section antiterroriste pour comparaître devant le juge d’instruction. Puis la prison.
Fleury-Mérogis – la plus grande d’Europe. Tous les charognards gardent cette prison, pigeons, corneilles, mouettes et de nombreux rats. Nous y sommes arrivées, Manon (Gilbert), Yildune et moi en tant que détenues particulièrement surveillées (DPS), ce qui implique des mesures de surveillance plus soutenues, comme, d’être chaque nuit réveillées toutes les deux heures, lumières allumées et sommées de faire signe. Fouilles intensives et répétées. Ce statut, seules les prisonnières politiques basques l’ont à Fleury, et Isa l’avait eu aussi, en détention depuis bientôt un an sous le coup d’une procédure antiterroriste [cette personne est soupçonnée d'avoir posé un explosif sous une dépanneuse de la Préfecture de police de Paris, en mai 2007]. Les fouilles au corps, le mitard, les petites humiliations, le froid et la nourriture dégueulasse : le quotidien de la prison est fait pour écraser.
Par un concours de circonstances favorables, Manon et moi sommes sorties assez rapidement. Circonstances favorables, c’est-à-dire : nous sommes blanches, issues de la classe moyenne, ayant eu l’opportunité de faire des études; grâce aussi à la multiplication des comités de soutien. Et puis, il y avait l’actualité, marquée par des événements révélateurs du climat politique actuel qui ne sont pas passés inaperçus (par exemple cette descente policière musclée dans un collège).
Je dis “rapidement”, par rapport aux détentions préventives qui durent, pour la plupart, des mois et des années. Qui durent, notamment, pour ceux pour qui ne jouent jamais ces “circonstances favorables”. La plupart immigrés, voués au mépris de la police et des magistrats.
Mais ce qui est encore séparé au-dehors arrive à se reconnaître entre les murs de la prison. Des solidarités se nouent dans l’évidence d’une hostilité commune. La radicalisation de la situation amène de plus en plus de gens à subir la répression et la détention. Des rafles dans les banlieues aux peines de plus en plus nombreuses pour des grévistes ou des manifestants lors de mouvements sociaux.
Finalement, la prison est peut-être en passe de devenir un des rares lieux où s’opère la jonction tant redoutée par M. Sarkozy : “S’il y avait une connexion entre les étudiants et les banlieues, tout serait possible. Y compris une explosion généralisée et une fin de quinquennat épouvantable”, avait-il dit en 2006.”
Oui, nous vivons aujourd’hui dans un état policier, et demain, ce sera peut-être votre tour …
Des médecins dénoncent l’utilisation d’un nouveau type d’arme à Gaza

Nous sommes tous des palestiniens …
L’exemple a donc été suivi chez nous, plus de 100 000 manifestants en France, en solidarité avec le peuple palestinien.
Et contrairement à ce qu’a raconté la télé, ce n’étaient pas seulement de dangereux terroristes islamistes qui étaient dans la rue, ni seulement des casseurs de vitrines et des excités …
Ainsi, parmi les associations venues manifester à Paris et ailleurs, on notait la présence de l’Union juive française pour la paix. “C’est inadmissible d’agresser un peuple qui se bat contre la colonisation. Tout juif français ne soutient pas Israël”, a expliqué l’un de ses membres, qui a ajouté que l’association demandait que l’accord entre l’Union européenne et l’Etat hébreu soit suspendu. “Nous sommes pour des sanctions contre Israël”.
Je voulais également vous parler des deux médecins norvégiens, que j’ai évoqué dans un article précédent… Voici l’article que j’ai trouvé ce matin dans le journal Le Monde :
Al-Arish (Egypte), envoyée spéciale
Des blessés d’un type nouveau – adultes et enfants dont les jambes ne sont plus que des trognons brûlés et sanguinolents – ont été montrés ces derniers jours par les télévisions arabes émettant de Gaza. Dimanche 11 janvier, ce sont deux médecins norvégiens, seuls occidentaux présents dans l’hôpital de la ville, qui en ont témoigné.
Les docteurs Mads Gilbert et Erik Fosse, qui interviennent dans la région depuis une vingtaine d’années avec l’organisation non gouvernementale norvégienne Norwac, ont pu sortir du territoire la veille, avec quinze blessés graves, par la frontière avec l’Egypte. Non sans ultimes obstacles : “Il y a trois jours, notre convoi, pourtant mené par le Comité international de la Croix-Rouge, a dû rebrousser chemin avant d’arriver à Khan Younès, où des chars ont tiré pour nous stopper”, ont-ils dit aux journalistes présents à Al-Arish.
Deux jours plus tard, le convoi est passé, mais les médecins, et l’ambassadeur de Norvège venu les accueillir, furent bloqués toute la nuit “pour des raisons bureaucratiques” à l’intérieur du terminal frontalier égyptien de Rafah, entrouvert pour des missions sanitaires seulement. Cette nuit-là, des vitres et un plafond du terminal furent cassés par le souffle d’une des bombes lâchées à proximité.
“A 2 MÈTRES, LE CORPS EST COUPÉ EN DEUX; À 8 MÈTRES, LES JAMBES SONT COUPÉES, BRÛLÉES”
“A l’hôpital Al-Chifa, de Gaza, nous n’avons pas vu de brûlures au phosphore, ni de blessés par bombes à sous-munitions. Mais nous avons vu des victimes de ce que nous avons toutes les raisons de penser être le nouveau type d’armes, expérimenté par les militaires américains, connu sous l’acronyme DIME – pour Dense Inert Metal Explosive“, ont déclaré les médecins.
Petites boules de carbone contenant un alliage de tungstène, cobalt, nickel ou fer, elles ont un énorme pouvoir d’explosion, mais qui se dissipe à 10 mètres. “A 2 mètres, le corps est coupé en deux; à 8 mètres, les jambes sont coupées, brûlées comme par des milliers de piqûres d’aiguilles. Nous n’avons pas vu les corps disséqués, mais nous avons vu beaucoup d’amputés. Il y a eu des cas semblables au Liban sud en 2006 et nous en avons vu à Gaza la même année, durant l’opération israélienne Pluie d’été. Des expériences sur des rats ont montré que ces particules qui restent dans le corps sont cancérigènes”, ont-ils expliqué.
Un médecin palestinien interrogé, dimanche, par Al-Jazira, a parlé de son impuissance dans ces cas : “Ils n’ont aucune trace de métal dans le corps, mais des hémorragies internes étranges. Une matière brûle leurs vaisseaux et provoque la mort, nous ne pouvons rien faire.” Selon la première équipe de médecins arabes autorisée à entrer dans le territoire, arrivée vendredi par le sud à l’hôpital de Khan Younès, celui-ci a accueilli “des dizaines” de cas de ce type.
Les médecins norvégiens, eux, se sont trouvés obligés, ont-ils dit, de témoigner de ce qu’ils ont vu, en l’absence à Gaza de tout autre représentant du “monde occidental” – médecin ou journaliste : “Se peut-il que cette guerre soit le laboratoire des fabricants de mort ? Se peut-il qu’au XXIe siècle on puisse enfermer 1,5 million de personnes et en faire tout ce qu’on veut en les appelant terroristes ?”
Arrivés au quatrième jour de la guerre à l’hôpital Al-Chifa qu’ils ont connu avant et après le blocus, ils ont trouvé un bâtiment et de l’équipement “au bout du rouleau”, un personnel déjà épuisé, des mourants partout. Le matériel qu’ils avaient préparé est resté bloqué au passage d’Erez.
“Quand cinquante blessés arrivent d’un coup aux urgences, le meilleur hôpital d’Oslo serait à la peine, racontent-ils. Ici, les bombes pouvaient tomber dix par minutes. Des vitres de l’hôpital ont été soufflées par la destruction de la mosquée voisine. Lors de certaines alertes, le personnel doit se réfugier dans les corridors. Leur courage est incroyable. Ils peuvent dormir deux à trois heures par jour. La plupart ont des victimes parmi leurs proches, ils entendent à la radio interne la litanie des nouveaux lieux attaqués, parfois là où se trouve leur famille, mais doivent rester travailler… Le matin de notre départ, en arrivant aux urgences, j ai demandé comment s’était passé la nuit. Une infirmière a souri. Et puis a fondu en larmes.”
A ce moment de son récit, la voix du docteur Gilbert vacille. “Vous voyez, se reprend-il en souriant calmement, moi aussi…”
Sans commentaire …
Un exemple à suivre en Norvège

Nous sommes tous des palestiniens
“… Hades ! We’re wading in death, blood and amputees. Many children. Pregnant women. I’ve never experienced anything this horrible. We’re hearing tanks now. Tell it, pass it on, shout it. DO SOMETHING ! DO MORE !…”
“… L’enfer ! Nous pataugeons dans la mort, le sang et les amputés. Beaucoup d’enfants. Femmes enceintes. Je n’ai jamais vécu quelque chose d’aussi horrible. Nous entendons les chars d’assaut à présent. Dites-le, faites-le circuler, criez-le. FAITES QUELQUE CHOSE ! FAITES TOUT CE QUE VOUS POUVEZ !…”
Extrait des messages que deux médecins norvégiens réussissaient à envoyer en Norvège depuis Gaza, enfermés dans l’hôpital de Shifa. L’anesthésiste, professeur en médecine, Mads Gilbert et le chirurgien Erik Fosse. Les deux seuls médecins européens présents, sur place, depuis le début des massacres.
Ils ont bouleversé la Norvège.
Ce sont deux médecins spécialistes des interventions médicales en zones de guerre. Expérimentés. Ayant côtoyé à plusieurs reprises l’horreur. Mais, à Gaza, ils se sont trouvés confrontés à l’horreur absolue. Devant un carnage et des conditions sanitaires innommables.
“C’est tuer des gens enfermés dans une cage…“.
Envoyés par le Norwegian Aid Committee (NORWAC), ils ont réussi à entrer dans la bande de Gaza, le 31 décembre dernier, à partir de l’Egypte, afin de renforcer l’équipe médicale palestinienne. Démentant, par leur exemple et leur courage, les prétextes invoqués par les médias occidentaux, la main sur le cœur, assurant qu’il était impossible d’être présent sur place et de pouvoir informer…
Confrontés à une situation qu’on ne peut imaginer, censurée, occultée par les médias occidentaux…
Après 18 mois d’embargo, de blocus, aucune possibilité de se procurer des médicaments notamment ceux indispensables à des interventions de chirurgie lourde, telles que les nombreuses amputations auxquelles ils devaient faire face. Sans compter avec le manque d’infrastructures minimales, en particulier les groupes électrogènes permettant d’avoir de l’électricité en continu pendant les opérations…
Et toute la Norvège s’est solidairement mobilisée. Il y a eu des manifestations dans 28 villes.
Jeudi, dans le froid, 40.000 norvégiens se sont réunis au centre d’Oslo, avec des bougies pour protester.

Dans la journées tous les trains et tramways de Norvège ont marqué un arrêt de deux minutes pour observer un silence, en solidarité avec les victimes du carnage de Gaza.
Les six principaux syndicats professionnels et de nombreuses associations se sont mobilisés pour demander à l’Etat norvégien d’arrêter tous projets d’investissement ou de coopération économique avec l’Etat d’Israël.
Le principal syndicat du secteur de la distribution, The Union of Trade and Office Workers, appelle tous ses membres à se mobiliser pour demander à leurs employeurs de boycotter les produits israéliens. Un autre syndicat, The Confederation of Norwegian Trade Unions condamne l’action d’Israël et appelle ses membres à manifester.
Jusqu’à l’Eglise de Norvège, The Norwegian Church, qui condamne officiellement ces crimes…
Comme dans tous les pays européens, ce ne sont pas les politiques qui se sont mobilisés, mais bien la société civile.
Qu’attendons nous pour suivre leur exemple ?
Les fruits, légumes et autres produits des marques CARMEL et JAFFA, et plus généralement les produits portant le code barre 0729 proviennent d’Israël.
Stéphane Hessel : « un véritable crime contre l’humanité » à Gaza
L’Ambassadeur de France Stéphane Hessel, ancien résistant et déporté, condamne vivement le comportement d’Israël à Gaza et appelle au retour à la table de négociation pour mettre en place la seule solution à ses yeux, celle des deux Etats « rendue de plus en plus difficile, au fur et à mesure que s’accumulent de part et d’autre, soit le mépris et l’humiliation, soit la haine. » Il faut que cette accumulation cesse le plus vite possible, dit-il et alors, « au nom de ce que l’histoire nous a appris sur la possibilité du pardon, il faut avoir hâte que cette possibilité de pardon et de solidarité dans un Proche-Orient pacifique puisse être rétablie. »
Stéphane Hessel s’entretient avec Swiss Info, 5 janvier 2009
Stéphane Hessel : En réalité, le mot qui s’applique – qui devrait s’appliquer – est celui de crime de guerre et même de crime contre l’humanité. Mais il faut prononcer ce mot avec précaution, surtout lorsqu’on est à Genève, le lieu où siège un haut commissaire pour les Droits de l’Homme, qui peut avoir là-dessus une opinion importante.
Pour ma part, ayant été à Gaza, ayant vu les camps de réfugiés avec des milliers d’enfants, la façon dont ils sont bombardés m’apparaît comme un véritable crime contre l’humanité.
Ce terme, vous osez le prononcer ? C’est la disproportion qui vous choque, entre les roquettes palestiniennes et une offensive terrestre massive ?
C’est l’ensemble du comportement. C’est naturellement la disproportion, vous avez raison de le souligner…Une terre densément peuplée, la plus dense du monde probablement, sur laquelle on frappe avec des instruments militaires qui ne peuvent pas faire la différence entre les militaires et les civils. D’ailleurs il n’y a pas de militaires, il n’y a que des civils à Gaza – des militants peut-être, mais sûrement pas une armée.
Donc c’est une armée, l’une des plus puissantes du monde, qui s’attaque à une population qui n’a vraiment pas de défense. Ça, c’est typiquement un crime de guerre.
A quoi peut aboutir cette offensive ?
C’est le plus grave. On a bien l’impression que une fois de plus des militaires essayent de mettre un terme à l’activité de guérilla. Nous avons vu que dans tous les cas de figure récents dans le monde, que ce soit le Vietnam, la Tchétchénie ou quoique ce soit d’autre, il n’y a pas de solution militaire. La solution c’est la négociation.
Ce qui se passe en ce moment au Caire est extrêmement important. Il faudrait que les dirigeants israéliens se rendent compte qu’à ne pas accepter une négociation et un cessez-le-feu, et une négociation pour la paix, ils font un tort immense à leur pays, et aussi à leur armée. Tsahal avait la réputation d’être une armée honorable. Elle ne l’est plus lorsqu’elle frappe sur des gens sans défense.
C’est également le spectre de l’échec en 2006 au Liban qui revient, et pourtant de nombreuses résolutions depuis de nombreuses années, ont été prises notamment au Conseil de Sécurité de l’ONU, mais jamais appliquées pour quelles raisons selon vous ?
Parce que l’Etat d’Israël, depuis des décennies, a réussi à berner sa population. A faire croire à sa population que l’Etat était en danger, que sa sécurité était à chaque instant menacée, et que pour cela il ne fallait ne tenir aucun compte de ce que pense la communauté mondiale, et s’assurer en tout cas de l’appui de l’Etat évidemment le plus puissant à l’heure actuelle, les Etats-Unis. Nous ne pouvons qu’avoir un espoir, c’est qu’avec l’arrivée au pouvoir de Barack Obama, les Etats-Unis cesseront d’apporter un soutien inconditionnel et dramatique à un Etat qui continue à violer les résolutions internationales.
Mais le choix de la violence, [provient du fait] que la blessure de la seconde guerre mondiale et de la Shoah n’est pas refermé…
Oui, c’est évidemment ce qui permet à un gouvernement qui lui n’a plus rien à voir avec cette Shoah, et qui n’est plus composé de victimes potentielles de cette Shoah… que ce gouvernement puisse s’appuyer sur ce souvenir dramatique, auquel nous sommes tous extraordinairement sensibles, moi tout le premier. C’est l’horreur, absolue commise par les nazis. Mas cela ne doit pas permettre à un Etat d’Israël, actuellement le plus puissant de la région, de violer impunément toutes les règles internationales.
Vous êtes très sévère avec l’Etat d’Israël, Stéphane Hessel… Jusqu’à maintenant le chemin vers la paix c’était deux Etats côte à côte, un Etat Palestinien et un Etat Israélien. Est-ce encore possible, ce partenariat avec les Palestiniens ?
C’est la seule solution. Elle est rendue de plus en plus difficile, au fur et à mesure que s’accumulent de part et d’autre, soit le mépris et l’humiliation, soit la haine. Il faut que cette accumulation cesse le plus vite possible, et alors, au nom de ce que l’histoire nous a appris sur la possibilité du pardon – nous l’avons éprouvé, nous européens, et dans d’autres pays, en Afrique du Sud aussi – il faut avoir hâte que cette possibilité de pardon et de solidarité dans un Proche-Orient pacifique puisse être rétablie.
Stéphane Hessel est un diplomate, ambassadeur, ancien résistant et déporté français, qui a notamment participé à la rédaction de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948.
Publication originale SwissInfo (audio), transcription Contre Info
Tarnac … ou nous sommes tous des terroristes !
Il fallait évidemment que je parle de cette histoire…
Car pour moi, la République est en danger, sans conteste. On assiste aujourd’hui à un climat de dérive, le droit français est dévoyé.
Le 11 septembre 2001 aura été le prétexte pour faire reculer les libertés individuelles partout dans le monde …
Il faut absolument REAGIR …!
Parce qu’il y a eu Tarnac, les descentes de police musclées dans nos écoles, du Gers et d’ailleurs, l’affaire du journaliste de Libé arrêté au petit matin, menotté devant ses enfants, fouillé au corps, pour une banale histoire de diffamation vieille de deux ans… Il y a la laïcité remise en question, la création du Ministre de “l’Identité nationale”, le fichage généralisé, les enfants criminalisés, tous présumés probables délinquants … Quel est donc ce pays qui se met à avoir peur de ses propres enfants ?
Ne nous leurrons pas, tout cela signifie quelque chose…
Tarnac, ça veut dire “attention, si vous faites comme ces jeunes, si vous contestez, même légalement, si vous lisez des livres, si vous en écrivez, si vous cultivez des légumes bio dans votre jardin, si vous n’allez pas chez Carrefour, si vous n’avez pas de téléphone portable… Vous allez voir ce qui va vous arriver !”
Aujourd’hui en France, le pays de Voltaire et de Victor Hugo, on criminalise les gens pour ce qu’ils sont, et circonstance aggravante, pour avoir participé à une manifestation légale, à Vichy, contre l’Europe forteresse, pour avoir lu des livres, pourtant en “vente libre”.
Dans le réquisitoire contre l’un des inculpés, le procureur a précisé qu’il “menait une vie dissolue” … On se croirait dans les années 40, de quel “ordre moral” relève ce genre de réquisitoire d’un parquet ? Cela a des relents très nauséabonds…
On prépare ainsi l’idée, que, comme on poursuit les délinquants de la solidarité, ceux qui offrent à manger ou un toit aux sans papiers autour de Sangatte, ou les militants de Droit au Logement, on va maintenant intimider tous ceux qui pensent autrement, ou qui protestent de manière énergique, on va les poursuivre, eux aussi, même s’ils n’ont mis en danger aucune vie…
Les “inculpés de Tarnac” ne sont ni des voyous, ni des illuminés. Ils sont parfaitement intégrés, et ont créé des liens de proximité, de convivialité, d’empathie avec les habitants de leur village.
Ils ont réouvert l’épicerie, qui avait fermé, créé un lieu de rencontre, créé du “lien” … Livré les produits d’épicerie aux personnes âgées du coin… Or, dans nos campagnes, qui se dépeuplent peu à peu, les commerces disparaissent, et les vieux finissent à la maison de retraite la plus proche…
Ces jeunes jouaient aux échecs et au foot avec les autres habitants, leurs enfants allaient à l’école du village, drôles de terroristes !
La preuve, deux jours après la “descente” de policiers, comme par hasard escortés d’un troupeau de “journalistes” (Albert Londres, reviens !), ce sont les villageois eux-mêmes, qui ont organisé le premier des comités de soutien…
1 – Dans cette triste histoire, les libertés constitutionnelles, le secret de l’instruction, et le présomption d’innocence, garanties de nos libertés, ont été allègrement violés par le gouvernement…
2 – Il y a une disproportion entre les accusations qui ont été portées, et les faits réels :
- il n’y a toujours aucune preuve contre les inculpés, ni empreintes, ni ADN, ni … rien !
- il s’agit d’une dégradation de biens, aucune vie n’a jamais été mise en danger, c’est notre ministre de l’Intérieur elle-même qui le dit, on ne peut donc parler, en bon français, de “terrorisme”.
3 – Il s’agit bel et bien d’une opération purement politique, on utilise l’épouvantail du terrorisme pour que nos bons citoyens tremblent dans leurs chaumières. Le gouvernement utilise ici des lois d’exception, qui sont tout simplement incompatibles avec la démocratie. Seul le droit commun protège la démocratie, et les lois d’exception créeront peu à peu un régime d’exception. On veut transformer ce pays, en quelque chose qui peut se concevoir à Tunis, à Pékin, ou en Iran, mais pas dans un état de droit.
Bref, les jeunes de Tarnac sont innocents, tout simplement parce que personne n’a démontré aujourd’hui leur culpabilité. C’est ce que veut dire le mot “présomption d’innocence”, c’est ce que dit notre constitution. Ils sont innocents, ou alors nous ne sommes plus en démocratie, et nous sommes tous présumés coupables.

Vive la colère !!!
Le coup de colère d’Anne-Marie GARAT, qui circule partout sur la toile, depuis début décembre :
Anne-Marie Garat est écrivain. Elle écrit ceci :
« En 1933, depuis près de trois ans, le Reichstag avalise sans broncher ; les décisions se prennent sans débats ni votes. Von Hindenburg gouverne un coude sur l’épaule des SPD, tétanisés, un coude sur celle des nazis, bons bougres. Hitler n’a plus qu’à sauter sur l’estrade, grand clown des atrocités, impayable dans son frac tout neuf.
Qui prétend encore que c’est arrivé du frais matin ?
Le sommeil a bon dos, où naissent les songes, et les cauchemars. Mais on ne se réveille pas dans le pire, stupeur, au saut du lit : le pire s’est installé, insidieux, dans le paysage, banalisé par l’apathie ou l’incrédulité des uns, la bénédiction des autres.
Des gendarmes brutaux, grossiers, débarquent impunément avec leurs chiens dans les classes d’un collège du Gers, pour une fouille musclée ; le proviseur entérine, bonasse. Et le ministre de l’Education, qu’en dit-il ? Que dit-il de l’enlèvement d’enfants dans une école de Grenoble, d’eux et de leur famille expulsés en vingt-quatre heures, après combien d’autres ? Qui tient la comptabilité de ces exactions ordinaires ?
Un journaliste est interpellé chez lui, insulté, menotté, fouillé au corps, pour une suspicion de diffamation, qui reste encore à démontrer en justice… Qu’en dit la Garde des Sceaux ? Elle approuve (mutine bague Cartier au doigt, n’en déplaise au Figaro).
Nos enfants, nos journalistes, ce sont encore catégories sensibles à l’opinion.
Celle-ci s’émeut-elle ? Mollement. Elle somnole.
Mais les réfugiés de Sangatte, chassés comme bêtes, affamés dans les bois ; les miséreux du bois de Vincennes menacés de « ratissage », les gueux de nos trottoirs au vent d’hiver ? Les sans-papiers raflés, entassés dans des lieux de non-droit, décharges d’une société qui détourne le regard ignoble de son indifférence ? Et la masse des anonymes, traités mêmement comme rebut par une administration servile ? Au secours, Hugo !
Il y a de jeunes marginaux qualifiés par la ministre de l’Intérieur d’« ultra gauche » – spectre opportun des bonnes vieilles terreurs –, jusqu’ici, pure pétition communicationnelle… Sa police veille, arme à la hanche, elle arpente, virile, les couloirs du métro, des gares. Sommes-nous en Etat de siège ? A quand l’armée en ville ?
Il y a le malade mental incriminé à vie par anticipation ; l’étranger criminalisé de l’être ; le jeune de banlieue stigmatisé pour dissidence du salut au drapeau : danger public ; le prisonnier encagé dans des taudis surpeuplés – à 12 ans, bientôt ; le sans-travail accusé d’être un profiteur, le pauvre d’être pauvre et de coûter cher aux riches ; le militant associatif qui le défend condamné, lourdement, pour entrave à la voie publique. Il y a le fonctionnaire taxé de fainéantise (vieille antienne) ; l’élu réduit au godillot ; le juge sous menace de rétorsion ; le parlementariste assimilé au petit pois ; la télé publique bradée aux bons amis du Président, qui fixent le tarif ; son PDG berlusconisé et des pubs d’Etat pour nous informer – à quand un ministre de la Propagande ? On en a bien un de l’Identité nationale. Et le bon ami de Corse, l’escroc notoire, amuseurs sinistres, protégés par décret du prince…
Criminalisation systématique de qui s’insurge, dénis de justice, inhumanité érigés en principe de gouvernement. Presse paillasson, muselée par ses patrons, industriels des armes. Intimidations, contrôles au faciès, humiliations, brutalités, violences et leurs dérapages – quelques précipités du balcon, quelques morts de tabassage accidentel –, sitôt providentiellement dilués dans le brouhaha des crises bancaires, de l’affairisme et du sensationnel saignant, bienvenue au JT : touristes égarés, intempéries, embouteillages du soir… Carla et Tapie en vedettes.
Ces faits sont-ils vraiment divers, ou bien signent-ils un état de fait ? En réalité, un état de droite. Extrême. Dire que Le Pen nous faisait peur…
Cela rampe, s’insinue et s’impose, cela s’installe : ma foi, jour après jour, cela devient tout naturel. Normal : c’est, d’ores et déjà, le lot quotidien d’une France défigurée, demain matin effarée de sa nudité, livrée aux menées d’une dictature qui ne dit pas son nom. Ah ! le gros mot ! N’exagérons pas, s’offusquent les mal réveillés. Tout va bien : M. Hortefeux est, paraît-il, bon bougre dans sa vie privée.
“Tout est possible”, avait pourtant promis le candidat. Entendons-le bien. Entendons ce qu’il y a de totalitaire dans cette promesse cynique qui, d’avance, annonce le pire.
Sous son agitation pathologique, un instant comique – au secours, Chaplin ! –, sous ses discours de tréteaux, ses déclarations à tous vents, contradictoires, paradoxales, sous son improvisation politique (oripeau du pragmatisme), sous sa face de tic et toc s’avance le mufle des suicideurs de république, des assassins de la morale publique. La tête grossit, elle fixe et sidère.
Continuerons-nous à dormir ? Ou à piquer la marionnette de banderilles de Noël ? »
Anne-Marie Garat
A tous (sauf les bandits & cie) : vive la colère !
A lire … ou à relire …
Il y a parfois des perles sur la toile…
” Que peut-il ? Tout. Qu’a-t-il fait ? Rien.

Avec cette pleine puissance, en huit mois un homme de génie eût changé la face de la France, de l’Europe peut-être. Seulement voilà, il a pris la France et n’en sait rien faire.
Dieu sait pourtant que le Président se démène : il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète ; il cherche à donner le change sur sa nullité ; c’est le mouvement perpétuel ; mais, hélas ! cette roue tourne à vide. L’homme qui, après sa prise du pouvoir a épousé une princesse étrangère est un carriériste avantageux. Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir. Il a pour lui l’argent, l’agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort. Il a des caprices, il faut qu’il les satisfasse. Quand on mesure l’homme et qu’on le trouve si petit et qu’ensuite on mesure le succès et qu’on le trouve énorme, il est impossible que l’esprit n’éprouve pas quelque surprise.
On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds, lui rit au nez, la brave, la nie, l’insulte et la bafoue !
Triste spectacle que celui du galop, à travers l’absurde, d’un homme médiocre échappé “.
Victor HUGO, dans ” Napoléon, le petit “
Intéressant, non ?
63 millions de français … et 1,2 millions de chasseurs …
Une nouvelle loi pro-chasse en 2009
L’adoption du projet de loi par les députés est passée quasiment inaperçue. Et pourtant, elle a son importance : le Parlement vient de voter un texte destiné à encourager la pratique de la chasse. Sans soulever d’indignations particulières…
Le projet de loi du sénateur UMP Ladislas Poniatowski est donc passé comme une lettre à la poste.
Le 18 décembre, dans la plus grande discrétion, le Parlement a adopté à l’unanimité un texte déjà approuvé par les sénateurs en mai, qui va (encore) faciliter la vie des chasseurs de France, c’est à dire environ 1,3 millions d’énergumènes, sur les 63 millions de personnes que compte notre pays…
Raison officielle de ce « cadeau » fait aux chasseurs : redonner goût à la chasse dans le pays. Le nombre de viandards serait en effet passé de 2,4 millions à 1,2 millions en l’espace d’une génération (selon un rapport du Conseil économique et social datant de 2002). C’est sûr que quand ils sont à la chasse, ils ne font pas de politique …
Le lobby des chasseurs peut donc se réjouir :
- D’abord, la proposition de loi prévoit d’abaisser le coût du permis pour les jeunes.
Le droit de timbre sera en effet ramené à 15 euros pour les mineurs âgés de plus de 16 ans (il est actuellement de 30 euros). La redevance sera diminuée de moitié lorsqu’un chasseur valide pour la première fois son permis. Et la cotisation fédérale sera réduite dans les mêmes proportions.
Imaginez, dans les banlieues de nos villes, des jeunes beurs de 16 ans, avec des fusils… Que ferait la police, à votre avis ?
- Ensuite, le texte contient des mesures de “simplification administrative”. C’est vrai qu’en général, ils ne sont pas très futés, il a donc fallu sim-pli-fier…
Ainsi, les ACCA (Associations communales de chasse agréée) pourront délivrer des cartes de chasse temporaire à des pratiquants occasionnels.
Par ailleurs, en cas d’infraction, le permis ne sera plus systématiquement retiré. La décision reviendra à un juge et entre-temps, le chasseur pourra se voir restituer provisoirement son droit.
C’est vrai quoi, si on ne peut plus tirer tranquille sur toutes les saloperies à poil et à plume qui passent ! Ou sur les promeneurs, ou sur le cousin Jojo, qu’on a malencontreusement pris pour un sanglier… Mais qu’est-ce qu’il foutait, ce con là, derrière un buisson ?
- Mais surtout, les Fédérations pourront être agréées au titre de la protection de la nature, comme les associations, participer aux projets d’aménagement du territoire, et se porter partie civile en justice.
Génial, non ? Si ne n’était pas si moche, ça me ferait bien rire !
Cela faisait longtemps que les chasseurs voulaient être reconnus pour leur contribution “à la sauvegarde de l’environnement” . Et ben, voilà, c’est fait !
Sans que personne, ou presque, ne s’en étonne. Le texte a été approuvé par l’UMP et le PS, quand le PCF et les Verts se sont contentés d’une abstention. Faudrait pas fâcher les électeurs ruraux, cré vingt dieux, déjà que la plupart d’entre eux ont vu leurs revenus chuter, merci Sarko…
Et le conseiller politique de la Fédération nationale des chasseurs ne s’y est d’ailleurs pas trompé, et a constaté avec ironie :
« La chasse est devenue tellement politiquement correcte qu’aucune formation politique n’ose plus s’afficher antichasse ».
Ambiance consensuelle, donc.
Dominique Bussereau, secrétaire d’Etat aux Transports (Jean-Louis Borloo, prétendu ministre de l’Ecologie, ne s’est pas donné la peine de venir), s’est même engagé à élaborer une loi pour « renforcer les sanctions contre les antichasse extrémistes qui cherchent à entraver le déroulement de certaines chasses ».
La loi est donc bien partie pour être adoptée en 2009. Dominique Bussereau l’a promis devant les députés. Même si seulement un peu plus d’un million de viandards (sur 60 millions de français) monopolisent la nature , tous les jours de l’année … (Lire la suite…)
Où est le peuple de gauche ?
Retour de manif pour la paix à Gaza, la tristesse au coeur
Par Serge Quadruppani | nomade italo-bellevilois | 05/01/2009
Je n’arrive à écrire qu’aujourd’hui, deux jours après, mes impressions de la manif du 3 janvier à Paris, pour la paix à Gaza (intitulé officiel, je crois). Manifestation nombreuse (plusieurs dizaines de milliers de personnes), très combative. Mais manifestation composée très majoritairement par des gens (de toutes générations) d’origine nord-africaine ou arabo-musulmane.
Les organisations de “gauche” n’étaient représentées que par de maigres troupes, même le NPA n’a pas fait le plein. Ne plaçant aucune espèce d’espoir dans la gauche institutionnelle, la chose pourrait me laisser indifférent si elle ne signifiait pas aussi l’absence presque totale de ce que j’appellerais, pour faire vite, le “peuple de gauche”, ces gens de tous âges et de toutes catégories sociales qui se pressaient en foule, par exemple dans certaines manifs pour les sans-papiers ou pour accompagner les mouvements lycéens ou étudiants, ou pour la défense du service public.
C’est cette absence massive, ce vide désolant face au déluge des bombes sur les Palestiniens et à l’impasse sanglante vers laquelle fonce le gouvernement israélien, qui constitue la défaite massive de cette manifestation, traduction de l’espèce de tétanisation où se trouve aujourd’hui l’opinion française sur ce sujet.
Après avoir constaté la défaite essentielle, on peut toujours parler des autres défaites que sont quelques manifestations très minoritaires d’antisémitisme (je n’ai vu qu’un écriteau fleurant le négationnisme: “Gaza, le véritable holocauste”), manifestations cependant assez présentes pour qu’une amie d’amie de l’Union juive française pour la paix vienne dire en larmes qu’elle partait de la manif parce qu’elle avait “entendu trop de trucs sur les juifs”.
Marchant dans la compagnie de cette petite cohorte de juifs opposés à la politique d’Israël, j’ai remarqué aussi autre chose d’un peu moins secondaire: des jeunes beurs, à plusieurs reprises, s’étonnant de la présence de juifs dans la manif. Je précise qu’il n’y avait pas d’hostilité perceptible dans leur réaction, juste de l’étonnement, mais cet étonnement c’est déjà une défaite.
Que des jeunes beurs aient du mal à concevoir que des juifs soient opposés à la politique d’Israël montre la régression vers la confrontation communautaire de ce qui devrait rester une lutte politique.
C’est la désertion par le peuple français de cette lutte qui laisse le champ libre à la réduction communautaire-religieuse. C’est elle qui empêchait d’isoler les antisémites, de faire, sur le terrain, par le contact et la discussion, un travail d’éducation populaire auprès des jeunes.
A Gaza s’affrontent un gouvernement israélien dominé par l’armée et les extrémistes et un mouvement religieux réactionnaire qui a gagné la bataille de la représentativité de la population de la région.
La vraie bataille politique à mener ici, en France, c’est de défendre, si ténu soit-il, l’espoir d’une paix juste au Proche-Orient, en n’abandonnant personne, de quelque confession ou communauté qu’il soit, aux représentants des forces folles en train de s’affronter.


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