Alter46’s Blog

Ces français qui soutiennent les bourreaux

Posté en Actu et politique par alter46 à 9 avril 2009

Pour faire connaître des noms de ceux qui soutiennent l’armée d’occupation de la Palestine, du sud de la Syrie et du sud du Liban…

Cette armée qui perpétue crimes et actes racistes et de haine contre les peuples arabes, cette armée de voleurs…qui se voit absoute de tous ses actes et violations. En voilà : ils sont chez nous, adulés, honorés, respectés, écoutés….

Ariel Zeitoun, Patrick Braoudé, Daniel Sibony, Ivan Levaï, Marek Halter, Enrico Macias, Alain et Marc Nacash, Richard Berry, Michel Jonasz, Gad Elmaleh, Rika Zaraï, Gérard Miller, Elie Semoun, Daniela Lumbroso, Stephan Shayevitz, Alain Ayache…

Il y a eu récemment les tee shirt de la honte de l’armée israélienne, Tsahal, la bien nommée, l’armée la plus “éthique” du monde …

Les mères arabes doivent savoir que le sort de leur enfant est entre mes mains

Les mères arabes doivent savoir que le sort de leur enfant est entre mes mains

Un tir, deux tués

Un tir, deux tués

Plus ils sont petits, plus c'est difficile

Plus ils sont petits, plus c'est difficile

Eh bien, pendant ce temps là, en France, une association de propagande qui a pour nom “Association pour le Bien être du Soldat Israelien” (ce n’est pas une blague) nous présente son album ” De tout coeur avec les soldats de tsahal”.

Sans commentaire...

Ces  personnalités soutiennent donc une armée accusée par toutes les ONG, y compris en Israël, de crimes de guerre et de barbarie, visant des civils, et horreur,  “importent le conflit israélo-palestinien en France”…

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Des médecins dénoncent l’utilisation d’un nouveau type d’arme à Gaza

Posté en Actu et politique par alter46 à 12 janvier 2009

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Nous sommes tous des palestiniens …

L’exemple a donc été suivi chez nous, plus de 100 000 manifestants en France, en solidarité avec le peuple palestinien.

Et contrairement à ce qu’a raconté la télé, ce n’étaient pas seulement de dangereux terroristes islamistes qui étaient dans la rue, ni seulement des casseurs de vitrines et des excités …

Ainsi,  parmi les associations venues manifester à Paris et ailleurs, on notait la présence de l’Union juive française pour la paix. “C’est inadmissible d’agresser un peuple qui se bat contre la colonisation. Tout juif français ne soutient pas Israël”, a expliqué l’un de ses membres, qui a ajouté que l’association demandait que l’accord entre l’Union européenne et l’Etat hébreu soit suspendu. “Nous sommes pour des sanctions contre Israël”.

Je voulais également vous parler des deux médecins norvégiens, que j’ai évoqué dans un article précédent… Voici l’article que j’ai trouvé ce matin dans le journal Le Monde :

Al-Arish (Egypte), envoyée spéciale

Des blessés d’un type nouveau – adultes et enfants dont les jambes ne sont plus que des trognons brûlés et sanguinolents – ont été montrés ces derniers jours par les télévisions arabes émettant de Gaza. Dimanche 11 janvier, ce sont deux médecins norvégiens, seuls occidentaux présents dans l’hôpital de la ville, qui en ont témoigné.

Les docteurs Mads Gilbert et Erik Fosse, qui interviennent dans la région depuis une vingtaine d’années avec l’organisation non gouvernementale norvégienne Norwac, ont pu sortir du territoire la veille, avec quinze blessés graves, par la frontière avec l’Egypte. Non sans ultimes obstacles : “Il y a trois jours, notre convoi, pourtant mené par le Comité international de la Croix-Rouge, a dû rebrousser chemin avant d’arriver à Khan Younès, où des chars ont tiré pour nous stopper”, ont-ils dit aux journalistes présents à Al-Arish.

Deux jours plus tard, le convoi est passé, mais les médecins, et l’ambassadeur de Norvège venu les accueillir, furent bloqués toute la nuit “pour des raisons bureaucratiques” à l’intérieur du terminal frontalier égyptien de Rafah, entrouvert pour des missions sanitaires seulement. Cette nuit-là, des vitres et un plafond du terminal furent cassés par le souffle d’une des bombes lâchées à proximité.

“A 2 MÈTRES, LE CORPS EST COUPÉ EN DEUX; À 8 MÈTRES, LES JAMBES SONT COUPÉES, BRÛLÉES”

“A l’hôpital Al-Chifa, de Gaza, nous n’avons pas vu de brûlures au phosphore, ni de blessés par bombes à sous-munitions. Mais nous avons vu des victimes de ce que nous avons toutes les raisons de penser être le nouveau type d’armes, expérimenté par les militaires américains, connu sous l’acronyme DIME – pour Dense Inert Metal Explosive“, ont déclaré les médecins.

Petites boules de carbone contenant un alliage de tungstène, cobalt, nickel ou fer, elles ont un énorme pouvoir d’explosion, mais qui se dissipe à 10 mètres. “A 2 mètres, le corps est coupé en deux; à 8 mètres, les jambes sont coupées, brûlées comme par des milliers de piqûres d’aiguilles. Nous n’avons pas vu les corps disséqués, mais nous avons vu beaucoup d’amputés. Il y a eu des cas semblables au Liban sud en 2006 et nous en avons vu à Gaza la même année, durant l’opération israélienne Pluie d’été. Des expériences sur des rats ont montré que ces particules qui restent dans le corps sont cancérigènes”, ont-ils expliqué.

Un médecin palestinien interrogé, dimanche, par Al-Jazira, a parlé de son impuissance dans ces cas : “Ils n’ont aucune trace de métal dans le corps, mais des hémorragies internes étranges. Une matière brûle leurs vaisseaux et provoque la mort, nous ne pouvons rien faire.” Selon la première équipe de médecins arabes autorisée à entrer dans le territoire, arrivée vendredi par le sud à l’hôpital de Khan Younès, celui-ci a accueilli “des dizaines” de cas de ce type.

Les médecins norvégiens, eux, se sont trouvés obligés, ont-ils dit, de témoigner de ce qu’ils ont vu, en l’absence à Gaza de tout autre représentant du “monde occidental” – médecin ou journaliste : “Se peut-il que cette guerre soit le laboratoire des fabricants de mort ? Se peut-il qu’au XXIe siècle on puisse enfermer 1,5 million de personnes et en faire tout ce qu’on veut en les appelant terroristes ?”

Arrivés au quatrième jour de la guerre à l’hôpital Al-Chifa qu’ils ont connu avant et après le blocus, ils ont trouvé un bâtiment et de l’équipement “au bout du rouleau”, un personnel déjà épuisé, des mourants partout. Le matériel qu’ils avaient préparé est resté bloqué au passage d’Erez.

“Quand cinquante blessés arrivent d’un coup aux urgences, le meilleur hôpital d’Oslo serait à la peine, racontent-ils. Ici, les bombes pouvaient tomber dix par minutes. Des vitres de l’hôpital ont été soufflées par la destruction de la mosquée voisine. Lors de certaines alertes, le personnel doit se réfugier dans les corridors. Leur courage est incroyable. Ils peuvent dormir deux à trois heures par jour. La plupart ont des victimes parmi leurs proches, ils entendent à la radio interne la litanie des nouveaux lieux attaqués, parfois là où se trouve leur famille, mais doivent rester travailler… Le matin de notre départ, en arrivant aux urgences, j ai demandé comment s’était passé la nuit. Une infirmière a souri. Et puis a fondu en larmes.”

A ce moment de son récit, la voix du docteur Gilbert vacille. “Vous voyez, se reprend-il en souriant calmement, moi aussi…”

Sans commentaire …

Un exemple à suivre en Norvège

Posté en Actu et politique par alter46 à 10 janvier 2009

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Nous sommes tous des palestiniens

“… Hades ! We’re wading in death, blood and amputees. Many children. Pregnant women. I’ve never experienced anything this horrible. We’re hearing tanks now. Tell it, pass it on, shout it. DO SOMETHING ! DO MORE !…”

“… L’enfer ! Nous pataugeons dans la mort, le sang et les amputés. Beaucoup d’enfants. Femmes enceintes. Je n’ai jamais vécu quelque chose d’aussi horrible. Nous entendons les chars d’assaut à présent. Dites-le, faites-le circuler, criez-le. FAITES QUELQUE CHOSE ! FAITES TOUT CE QUE VOUS POUVEZ !…”

Extrait des messages que deux médecins norvégiens réussissaient à envoyer en Norvège depuis Gaza, enfermés dans l’hôpital de Shifa. L’anesthésiste, professeur en médecine, Mads Gilbert et le chirurgien Erik Fosse. Les deux seuls médecins européens présents, sur place, depuis le début des massacres.

Ils ont bouleversé la Norvège.

Ce sont deux médecins spécialistes des interventions médicales en zones de guerre. Expérimentés. Ayant côtoyé à plusieurs reprises l’horreur. Mais, à Gaza, ils se sont trouvés confrontés à l’horreur absolue. Devant un carnage et des conditions sanitaires innommables.

C’est tuer des gens enfermés dans une cage…“.

Envoyés par le Norwegian Aid Committee (NORWAC), ils ont réussi à entrer dans la bande de Gaza, le 31 décembre dernier, à partir de l’Egypte, afin de renforcer l’équipe médicale palestinienne. Démentant, par leur exemple et leur courage, les prétextes invoqués par les médias occidentaux, la main sur le cœur,  assurant qu’il était impossible d’être présent sur place et de pouvoir informer…

Confrontés à une situation qu’on ne peut imaginer, censurée, occultée par les médias occidentaux…

Après 18 mois d’embargo, de blocus, aucune possibilité de se procurer des médicaments notamment ceux indispensables à des interventions de chirurgie lourde, telles que les nombreuses amputations auxquelles ils devaient faire face. Sans compter avec le manque d’infrastructures minimales, en particulier les groupes électrogènes permettant d’avoir de l’électricité en continu pendant les opérations…

Et toute la Norvège s’est solidairement mobilisée. Il y a eu des manifestations dans 28 villes.

Jeudi, dans le froid, 40.000 norvégiens se sont réunis au centre d’Oslo, avec des bougies pour protester.

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Dans la journées tous les trains et tramways de Norvège ont marqué un arrêt de deux minutes pour observer un silence, en solidarité avec les victimes du carnage de Gaza.

Les six principaux syndicats professionnels et de nombreuses associations se sont mobilisés pour demander à l’Etat norvégien d’arrêter tous projets d’investissement ou de coopération économique avec l’Etat d’Israël.

Le principal syndicat du secteur de la distribution, The Union of Trade and Office Workers, appelle tous ses membres à se mobiliser pour demander à leurs employeurs de boycotter les produits israéliens. Un autre syndicat, The Confederation of Norwegian Trade Unions condamne l’action d’Israël et appelle ses membres à manifester.

Jusqu’à l’Eglise de Norvège, The Norwegian Church, qui condamne officiellement ces crimes…

Comme dans tous les pays européens, ce ne sont pas les politiques qui se sont mobilisés, mais bien la société civile.

Qu’attendons nous pour suivre leur exemple ?


Les fruits, légumes et autres produits des marques CARMEL et JAFFA, et plus généralement les produits portant le code barre 0729 proviennent d’Israël.

Stéphane Hessel : « un véritable crime contre l’humanité » à Gaza

Posté en Actu et politique par alter46 à 10 janvier 2009

L’Ambassadeur de France Stéphane Hessel, ancien résistant et déporté, condamne vivement le comportement d’Israël à Gaza et appelle au retour à la table de négociation pour mettre en place la seule solution à ses yeux, celle des deux Etats « rendue de plus en plus difficile, au fur et à mesure que s’accumulent de part et d’autre, soit le mépris et l’humiliation, soit la haine. » Il faut que cette accumulation cesse le plus vite possible, dit-il et alors, « au nom de ce que l’histoire nous a appris sur la possibilité du pardon, il faut avoir hâte que cette possibilité de pardon et de solidarité dans un Proche-Orient pacifique puisse être rétablie. »

Stéphane Hessel s’entretient avec Swiss Info, 5 janvier 2009

Stéphane Hessel : En réalité, le mot qui s’applique – qui devrait s’appliquer – est celui de crime de guerre et même de crime contre l’humanité. Mais il faut prononcer ce mot avec précaution, surtout lorsqu’on est à Genève, le lieu où siège un haut commissaire pour les Droits de l’Homme, qui peut avoir là-dessus une opinion importante.

Pour ma part, ayant été à Gaza, ayant vu les camps de réfugiés avec des milliers d’enfants, la façon dont ils sont bombardés m’apparaît comme un véritable crime contre l’humanité.

Ce terme, vous osez le prononcer ? C’est la disproportion qui vous choque, entre les roquettes palestiniennes et une offensive terrestre massive ?

C’est l’ensemble du comportement. C’est naturellement la disproportion, vous avez raison de le souligner…Une terre densément peuplée, la plus dense du monde probablement, sur laquelle on frappe avec des instruments militaires qui ne peuvent pas faire la différence entre les militaires et les civils. D’ailleurs il n’y a pas de militaires, il n’y a que des civils à Gaza – des militants peut-être, mais sûrement pas une armée.

Donc c’est une armée, l’une des plus puissantes du monde, qui s’attaque à une population qui n’a vraiment pas de défense. Ça, c’est typiquement un crime de guerre.

A quoi peut aboutir cette offensive ?

C’est le plus grave. On a bien l’impression que une fois de plus des militaires essayent de mettre un terme à l’activité de guérilla. Nous avons vu que dans tous les cas de figure récents dans le monde, que ce soit le Vietnam, la Tchétchénie ou quoique ce soit d’autre, il n’y a pas de solution militaire. La solution c’est la négociation.

Ce qui se passe en ce moment au Caire est extrêmement important. Il faudrait que les dirigeants israéliens se rendent compte qu’à ne pas accepter une négociation et un cessez-le-feu, et une négociation pour la paix, ils font un tort immense à leur pays, et aussi à leur armée. Tsahal avait la réputation d’être une armée honorable. Elle ne l’est plus lorsqu’elle frappe sur des gens sans défense.

C’est également le spectre de l’échec en 2006 au Liban qui revient, et pourtant de nombreuses résolutions depuis de nombreuses années, ont été prises notamment au Conseil de Sécurité de l’ONU, mais jamais appliquées pour quelles raisons selon vous ?

Parce que l’Etat d’Israël, depuis des décennies, a réussi à berner sa population. A faire croire à sa population que l’Etat était en danger, que sa sécurité était à chaque instant menacée, et que pour cela il ne fallait ne tenir aucun compte de ce que pense la communauté mondiale, et s’assurer en tout cas de l’appui de l’Etat évidemment le plus puissant à l’heure actuelle, les Etats-Unis. Nous ne pouvons qu’avoir un espoir, c’est qu’avec l’arrivée au pouvoir de Barack Obama, les Etats-Unis cesseront d’apporter un soutien inconditionnel et dramatique à un Etat qui continue à violer les résolutions internationales.

Mais le choix de la violence, [provient du fait] que la blessure de la seconde guerre mondiale et de la Shoah n’est pas refermé…

Oui, c’est évidemment ce qui permet à un gouvernement qui lui n’a plus rien à voir avec cette Shoah, et qui n’est plus composé de victimes potentielles de cette Shoah… que ce gouvernement puisse s’appuyer sur ce souvenir dramatique, auquel nous sommes tous extraordinairement sensibles, moi tout le premier. C’est l’horreur, absolue commise par les nazis. Mas cela ne doit pas permettre à un Etat d’Israël, actuellement le plus puissant de la région, de violer impunément toutes les règles internationales.

Vous êtes très sévère avec l’Etat d’Israël, Stéphane Hessel… Jusqu’à maintenant le chemin vers la paix c’était deux Etats côte à côte, un Etat Palestinien et un Etat Israélien. Est-ce encore possible, ce partenariat avec les Palestiniens ?

C’est la seule solution. Elle est rendue de plus en plus difficile, au fur et à mesure que s’accumulent de part et d’autre, soit le mépris et l’humiliation, soit la haine. Il faut que cette accumulation cesse le plus vite possible, et alors, au nom de ce que l’histoire nous a appris sur la possibilité du pardon – nous l’avons éprouvé, nous européens, et dans d’autres pays, en Afrique du Sud aussi – il faut avoir hâte que cette possibilité de pardon et de solidarité dans un Proche-Orient pacifique puisse être rétablie.

Stéphane Hessel est un diplomate, ambassadeur, ancien résistant et déporté français, qui a notamment participé à la rédaction de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948.

Publication originale SwissInfo (audio), transcription Contre Info

Où est le peuple de gauche ?

Posté en Actu et politique par alter46 à 7 janvier 2009
Témoignage paru il y a deux jours sur le site de Rue 89 …

Retour de manif pour la paix à Gaza, la tristesse au coeur

Par Serge Quadruppani | nomade italo-bellevilois | 05/01/2009

Je n’arrive à écrire qu’aujourd’hui, deux jours après, mes impressions de la manif du 3 janvier à Paris, pour la paix à Gaza (intitulé officiel, je crois). Manifestation nombreuse (plusieurs dizaines de milliers de personnes), très combative. Mais manifestation composée très majoritairement par des gens (de toutes générations) d’origine nord-africaine ou arabo-musulmane.

Les organisations de “gauche” n’étaient représentées que par de maigres troupes, même le NPA n’a pas fait le plein. Ne plaçant aucune espèce d’espoir dans la gauche institutionnelle, la chose pourrait me laisser indifférent si elle ne signifiait pas aussi l’absence presque totale de ce que j’appellerais, pour faire vite, le “peuple de gauche”, ces gens de tous âges et de toutes catégories sociales qui se pressaient en foule, par exemple dans certaines manifs pour les sans-papiers ou pour accompagner les mouvements lycéens ou étudiants, ou pour la défense du service public.

C’est cette absence massive, ce vide désolant face au déluge des bombes sur les Palestiniens et à l’impasse sanglante vers laquelle fonce le gouvernement israélien, qui constitue la défaite massive de cette manifestation, traduction de l’espèce de tétanisation où se trouve aujourd’hui l’opinion française sur ce sujet.

Après avoir constaté la défaite essentielle, on peut toujours parler des autres défaites que sont quelques manifestations très minoritaires d’antisémitisme (je n’ai vu qu’un écriteau fleurant le négationnisme: “Gaza, le véritable holocauste”), manifestations cependant assez présentes pour qu’une amie d’amie de l’Union juive française pour la paix vienne dire en larmes qu’elle partait de la manif parce qu’elle avait “entendu trop de trucs sur les juifs”.

Marchant dans la compagnie de cette petite cohorte de juifs opposés à la politique d’Israël, j’ai remarqué aussi autre chose d’un peu moins secondaire: des jeunes beurs, à plusieurs reprises, s’étonnant de la présence de juifs dans la manif. Je précise qu’il n’y avait pas d’hostilité perceptible dans leur réaction, juste de l’étonnement, mais cet étonnement c’est déjà une défaite.

Que des jeunes beurs aient du mal à concevoir que des juifs soient opposés à la politique d’Israël montre la régression vers la confrontation communautaire de ce qui devrait rester une lutte politique.

C’est la désertion par le peuple français de cette lutte qui laisse le champ libre à la réduction communautaire-religieuse. C’est elle qui empêchait d’isoler les antisémites, de faire, sur le terrain, par le contact et la discussion, un travail d’éducation populaire auprès des jeunes.

A Gaza s’affrontent un gouvernement israélien dominé par l’armée et les extrémistes et un mouvement religieux réactionnaire qui a gagné la bataille de la représentativité de la population de la région.

La vraie bataille politique à mener ici, en France, c’est de défendre, si ténu soit-il, l’espoir d’une paix juste au Proche-Orient, en n’abandonnant personne, de quelque confession ou communauté qu’il soit, aux représentants des forces folles en train de s’affronter.

Le “Conflit israelo-palestinien” vu par les médias occidentaux…

Posté en Actu et politique par alter46 à 7 janvier 2009

12 règles infaillibles pour parler du proche orient dans les médias


1. Au Proche Orient, ce sont toujours les Arabes qui attaquent les premiers et c’est toujours Israël que se défend. Cette défense s’appelle « représailles ».

2. Ni les Arabes, ni les Palestiniens, ni les Libanais n’ont le droit de tuer des civils. On appelle cela du « terrorisme ».

3. Israël a le droit de tuer des civils. Cela s’appelle de la « légitime défense ».

4. Lorsque Israël tue des civils en masse, les puissances occidentales demandent qu’il le fasse avec plus de retenue. Cela s’appelle « réactions de la communauté internationale ».

5. Ni les Palestiniens ni les Libanais n’ont le droit de capturer des soldats israéliens à l’intérieur d’installations militaires équipées de sentinelles et de postes de combat. Il faut appeler cela « séquestration de personnes sans défense ».

6. Israël a le droit de séquestrer, à n’importe quelle heure et n’importe où, autant de Palestiniens et de Libanais qu’il lui plaira. Le chiffre actuel tourne autour de dix mille, parmi lesquels 300 sont des enfants et mille sont des femmes. Il n’est pas nécessaire de fournir la moindre preuve de culpabilité. Israël a le droit de garder en détention indéfiniment des prisonniers, même si ceux-ci sont des personnalités démocratiquement élues par les Palestiniens. On appelle cela « emprisonnement de terroristes ».

7. Quand on mentionne le mot “Hezbollah”, il est obligatoire d’ajouter dans la même phrase : « soutenu et financé par la Syrie et par l’Iran ».

8. Quand on mentionne « Israël », il est catégoriquement interdit d’ajouter : « soutenu et financé par les Etats-Unis ». Cela pourrait donner l’impression que le conflit est inégal et que l’existence d’Israël ne court aucun danger.

9. Dans les informations concernant Israël, il faut toujours éviter qu’apparaissent les locutions suivantes : « Territoires occupés », « Résolutions de l’ONU », « Violations des Droits de l’Homme » et « Convention de Genève ».

10. Les Palestiniens, comme les Libanais, sont toujours des « lâches » qui se cachent au milieu d’une population civile qui ne les aime pas. S’ils dorment chez eux, avec leur famille, cela porte un nom : « lâcheté ». Israël a le droit d’anéantir, avec des bombes et des missiles, les quartiers où ils dorment. Cela s’appelle : « des frappes chirurgicales de haute précision ».

11. Les Israéliens parlent mieux l’anglais, le français, l’espagnol ou le portugais que les Arabes. C’est pourquoi ils méritent d’être interviewés plus souvent et, donc, d’avoir plus souvent que les Arabes l’occasion d’expliquer, au grand public, les règles ci-dessus pour la rédaction des nouvelles (règles 1 à 10). On appelle cela « la neutralité journalistique ».

12. Toutes les personnes qui ne sont pas d’accord avec les susdites Règles sont, et il faut que cela se sache, des « terroristes antisémites hautement dangereux »

C’est un article publié sur un site d’infos espagnol, à lire ici :

http://www.sinpermiso.info/textos/index.php?id=2273

Il y a pourtant, parfois, dans la presse, un autre son de cloche …

Voir à ce sujet, l’excellent article de Bernard Langlois dans Politis de cette semaine, dont voici un extrait :

“Il serait pourtant simple de rétorquer qu’Israël a un moyen efficace de faire cesser ces atteintes (les tirs de roquette du Hamas) , en effet inacceptables, à sa sécurité : restituer sans barguigner à leurs propriétaires légitimes les territoires qu’il occupe indûment depuis plus de quarante ans, comme n’a cessé de l’exiger (pas rire !) l’ONU. Et permettre ainsi, enfin, la création d’un vrai État palestinien viable.”

La solution à ce conflit est en effet extrêmement simple …